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dans leur vivant ensemble. — L'anatomie radicale psycho-
logique , ce que M. Ampère appelle l'idêogénie, serait ve-
nue, dans sa méthode, plus tard, à fond; mais elle ne serait
 venue qu'après le dénombrement et le classement complet;
mais surtout, la préoccupation des facultés distinctes ne
scindait pas, dès l'abord, les groupes analogues, et ne les
empêchait pas de se multiplier dans leur diversité.
    La quantité de remarques neuves et ingénieuses, de
points profonds et piquants d'observation, qui remplis-
saient une leçon de M. Ampère, distrayaient aisément
l'auditeur de l'ensemble du plan, que le maître oubliait
aussi quelquefois, mais qu'il retrouvait tôt ou tard à tra-
vers ces détours. On se sentait bien avec lui en pleine in-
telligence humaine, en pleine et haute philosophie anté-
rieure au XVIII e siècle; on se serait cru, à cette ampleur de
discussion , avec un contemporain des Leibnitz, des Malle-
branche, des Arnauld ; il les citait à propos familière-
ment, même les secondaires et les plus oubliés de ce temps-
là, M. de La Chambre, par exemple; et puis on se retrou-
vait tout aussitôt avec le contemporain très présent de
M. de Tracy et de M. de Laplace. On aurait fait un intéres-
sant chapitre, indépendamment de tout système et de tout
 lien, des cas psychologiques singuliers et des véritables dé-
couvertes de détail dont il semait ses leçons. J'indique en
 ce genre le phénomène qu'il appelait de concrétion, sur
 lequel on peut lire l'analyse de M. Roulin insérée dans
 l'Essai de classification des sciences. Je regrette que
 M. Roulin n'ait pas fait alors ce chapitre de irùscellanées
 psychologiques, comme il en a fait un sur des singulari-
 tés d'histoire naturelle.
  A partir de 1816, la petite société philosophique qui se
réunissait chez M. de Biran, avait pris plus de suite, et