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363 à cette causalité interne ressaisie , comme à un axe sûr et à un sommet d'où émane tout mouvement, M. Ampère, moins retenu et plus ouvert dans sa métaphysique, alla et dériva au flot de l'idée. A travers ce domaine infini de l'in- telligence, dans la sphère de la raison et de la réflexion, comme dans une demeure à lui bien connue, il alla chan- geant, remuant, déplaçant sans cesse les objets; les clas- sifications psychologiques se succédaient à son regard et se renversaient l'une par l'autre ; et il est mort sans nous avoir suffisamment expliqué la dernière, nous laissant sur le fond de sa pensée dans une confusion qui n'était pas en lui. En attendant que la seconde partie de sa clasification, qui embrasse les sciences noologiques , soit publiée, et dans l'espérance surtout qu'un fils, seul capable de dé- brouiller ces précieux papiers, s'y appliquera un j o u r , nous ne dirons ici que très peu, occupé surtout à ne pas être infidèle. M. Ampère, dans une note où nous puisons, nous indique lui-même la première marche de son esprit. 11 voulait appliquer à la psychologie la méthode qui a si bien réussi aux siences physiques depuis deux siècles : c'est ce que beaucoup ont voulu depuis Locke. Mais en quoi consistait l'appropriation du moyen à la science nou- velle ? Ici M. Ampère parle d'une difficulté première qui lui semblait insurmontable, et dont M. le chevalier de Biran lui fournit la solution. Cette difficulté tenait sans doute à la connaissance originelle de l'idée de cause et à la distinction du moi d'avec le monde extérieur* Il nous apprend aussi q u e , dans sa recherche sur le fondement de nos connaissances, il a commencé par rejeter l'exis- tence objective et qu'il a été disciple de Kant: » Mais re- poussé hientôt, dit-il, par ce nouvel idéalisme comme