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HISTOIRE.
L'église paroissiale de Saint-Paul est un des monuments
les plus vénérables de la ville de Lyon ; il était naguère un
des plus ignorés et des moins célèbres de la cité, et à peine
quelques artistes doués de tact l'avaient-ils remarqué. —
Ainsi l'on pourrait presque dire que Saint-Paul vient d'être
découvert. Ce long oubli s'explique : l'édifice sert au culte
pour la paroisse la plus pauvre de Lyon (1) ; il est noyé dans
un cloaque, entouré de rues étroites, fétides, tortueuses,
habitées par l'indigence ; un dépôt de morts qui., en été sur-
tout, ajoute à l'insalubrité du quartier (2), touche aux murs
de Saint-Paul ; tout concourt donc à rendre désagréable l'a-
bord du monument. Voici à peu près le résumé de tous lea
documents historiques qu'il m'a été permis de recueillir sur
le passé de ce temple.
Il fut bâti, en 540 , par saint Sacerdos , l'un des évêques
les plus distingués de la ville de Lyon, oncle de saint Nizier,
(1) M. le curé de Saint-Paul m'a donné l'assurance que sa paroisse est
infiniment plus pauvre que celle de Saint-Georges.
(2) Il existe dans la ville de Lyon, deux dépôts de morts : l'un pour les
quartiers du midi, à l'Hôtel-Dieu ; l'autre pour les quartiers du nord, Ã
Saint-Paul, dans une petite chapelle contigue au chevet de l'église. C'est dans
ces dépôts que sont amenés les restes mortels des malheureux que leur fa*
mille ne peut pas faire inhumer avec les cérémonies d'usage. Le prêtre se
borne à accompagner le corps jusqu'à ce cimetière provisoire ; il récite* sur
la dépouille, les funèbres prières que l'Église accorde à tous, et là finit son
ministère envers le défunt. Le corps est ensuite porté dans un tombereau,
aux fosses communes de la Madeleine, sans qu'un commissaire civil ni un prê-
tre raccompagnent. — Je suis entré dans ces détails, parce que beau-
coup de personnes ignorent, à Lyon, ce que sont lés dépots mortuaires.