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112 d'iceluy, que du pape , et autaut de cellui-cy que d'Artus le Breton. Mais de la fumée de ce purgatoire lu voulois donner corps à ces furieuses nues, que tu vas faire esclater sur la teste du pontife de Rome, t'y disposant avec ces paroles : c Ainsi qu'ils commencèrent à lascher leur premier pétard, < « ou petit tonnerre iesuilique, le temps parauant serein se « brouille tout à coup. » Voyla doneques vne grande merueille, que le ciel favorise tant, et si à propos les iesuites, les secondant si heureuse- ment en leurs desseins. Tu deuois conjecturer de l à , que l'Action estoit agréable aux yeux de Dieu, et ie ne doute point que tu ne l'eusses fait, si tu eusses esté autant affectionné à leur endroit, que tu te monstres libéral à mentir pour les bla- sonner: tu appelles commencement plus de trois ou quatre heures après auoir commencé : car si tu n'as esté informé à faux, ou si de Lyon allant à Geneue, tu n'as perdu la mé- moire , tu*te souviendras que ces esclairs et petarradesartifi- cielles donnèrent commencement à l'action du second iour , pour représenter la générale déflagration du monde, et que depuis l'on ioiia paisiblement au moins quatre grosses heu- res. Voy doneques, ô espargneur de vérité , combien tu es ri- che en mensonges. € Le temps, adioustes-lu, se brouille tout à coup^ vne nuée < creue, vne rauine d'eau s'espand , etc » Trois iours deuant l'action le temps gros de pluye auoit menacé de fondre ses nues, et les excessiues chaleurs presa- geoyent que les tonnerres n'arresteroyent guiere de se faire ouyr, comme desia il estoit arriué le dimanche précèdent à heures de vespres : voire ce mesme second iour de l'action les acteurs estant sur le théâtre , l'air brouillé demeura menaçant de pluye plus d'vne grosse heure et demie: dequoy s'apper- ceuans quelques vns bien aduisez firent doubler des toiles sur leus testes pour estre preseruez contre l'eau, quand elle tom- beroit: mesme l'on ioiia vn bon quart d'heure la pluye tom- bant doulcement, sans que pour cela ny les spectateurs, ny