Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
 H8          LA FABRIQUE ÛE LYON AU XVIII e SIÈCLE.

 fait une description de l'état dans lequel se trouvait la fabrique
 d'étoffes de notre ville.
    Après avoir donné un aperçu historique de la fabrique anté-
 rieur au xvm e siècle et parlé de son état prospère, il nous dit
 que ces temps d'éclat et de prospérité durèrent seulement jus-
 qu'au milieu du siècle dernier. Alors les souverains étrangers
 songèrent à établir des manufactures semblables à celles de
 Lyon, et, pour réussir, ils attirèrent dans leurs Etats un
 nombre considérable d'ouvriers et de dessinateurs lyonnais.
Telle était encore, vers l'année 1764, la position des manufac-
tures de notre ville que les étoffes, malgré les droits dont on les
surchargeait et la concurrence des fabriques étrangères, obtinren!
partout une préférence exclusive. Il faut cependant avouer que,
si les tentatives des souverains n'eurent pas un entier succès,
leurs intentions furent parfaitement remplies relativement aux
étoffes de soie unies.
   l'our satisfaire l'inconstance de la mode qui exigeait une variété
continuelle dans nos étoffes, on commença, en 1764, à y intro-
duire de la broderie. Cette nouveauté séduisit et prit un grand
développement. En adoptant ce nouveau moyen de faire du
façonné, on ne songea pas qu'il a été donné aux femmes de tous
les pays de manier l'aiguille ; que l'on rendait inutile l'industrie
de nos fabricants, et que c'était consentir à partager avec toutes
les nations un avantage que leurs efforts n'avaient pu enlever à
la France.
    Les choses étaient en cet état quand un fatal traité de commerce
avec l'Angleterre, en ruinant les manufactures du nord de la
France, vint porter le dernier coup à celles de Lyon. Bientôt les
étoffes de coton anglaises vinrent rivaliser avec celles de soie,
pour l'habillement des femmes. Les draps de casimir rempla-
cèrent les draps de soie, et les autres articles façonnés dont les
hommes faisaient usage furent remplacés par des gilets de Casi-
mir et de ba'sin. Ce goût fantasque et impatriotique pour les
étoffes anglaises se répandit avec une effrayante rapidité. Au
moment où se publiaient ces Observations sur les manujaclures