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296 ETUDE HISTORIQUE SUR CLBNY. son pays pour un orage politique dirigé contre la régence de sa mère et nièce de l'empereur Othon III, le jeune roi exilé prit l'habit de moine de la main d'Odilon.et passa six ans dans les murs de Cluny, et obtint même la tonsure de diacre. Mais, en 1031, il retourna dans son pays avec une dispense du pape Benoît IX et une fois assis sur le trôné de ses ancêtres, Casimir, par reconnaissance et dans l'intérêt de son peuple, fit venir en Pologne un certain nombre de moines de Cluny, qui fondèrent les premières écoles sur les bords de la Vistule. Pieux, actif, indulgent, charitable au-delà de toute ex- pression, Odilon prit part à tout ce qui se passait de re" marquable dans son temps ; il aida à établir la trêve de Dieu, au milieu des horreurs de la guerre universelle, et, dans une grande famine, de 1030 à 1033, il employa presque tous les trésors du couvent pour le soulagement de la mi- sère du peuple. Sa charité s'étendait même jusqu'auxmorts, c'est lui qui a établi ce service pour les âmes, que l'Eglise a adopté plus tard, et qui dexint une cérémonie du culte dans toute la chrétienté. A cette époque déjà , le monastère de Cluny, rebâti sur une grande échelle et orné de colonnes de marbre amenées par la Durance et le Rhône, n'était pas un établissement isolé. Un grand nombre de couvents de bénédictins en France, en Italie, en Allemagne et surtout en Espagne, se soumirent spontanément ou par la volonté expresse de leurs fondateurs à la direction et à la discipline de Cluny. Sous saint Hugues, cinquième abbé de l'ordre, fils de Dalmace, comte de Semur en Brionnais, et beau-frère du duc de Bourgogne, que saint Odilon recommanda aux suf- frages des moines, l'autorité de cette célèbre abbaye s'é- tendait sur plusieurs centaines de couvents, peuplés de plus de dix mille moines. C'est saint Hugues, abbé de 1049 à 1109, qui a construit cette immense basilique de Cluny, ruinée et rasée même presque complètement aujourd'hui, dont nous avons déjà \