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                           ARCHÉOLOGIE.                           481

   Mais, tandis que l'on mettait des soins infinis à reproduire des
 détails qui ne risquaient pas de disparaître fortuitement, on ne
 donnait que peu d'attention au carrelage qui s'effaçait de jour
 en jour sous les pieds des visiteurs. On en conserva toutefois un
souvenir, car l'une des planches de cette monographie représente
cinq ou six portraits encadrés dans des entrelacs feuillages. Ces
dessins, malheureusement, à une échelle trop réduite et faits un
peu librement, manquant surtout de cette vivacité de coloris qui
constitue la richesse du pavage de Brou, ne sont qu'une repro-
duction affaiblie de la réalité. Et pourtant, à l'époque que nous
venons de citer, c'est-à-dire en 1842, quelle ample mqisson de
portraits et d'ornements il était facile de recueillir ! Au témoi-
gnage de Didron lui-même, une grande partie du carrelage exis-
tait encore, attestant de toute sa pureté. Investi d'une mission
officielle qui lui laissait une entière liberté d'action, secondé par
des artistes d'un réel talent, M. Giniez entre autres, l'architecte
chargé de la conservation de Brou, n'avait-il pas sous la main tous
les éléments nécessaires pour faire le relevé intégral de l'œuvre
de François de Canarin ? Dans un monument de transition comme
Brou, tout intéresse ; la décoration du pavage, qui accuse plus
particulièrement l'influence du style Renaissance, n'était pas la
partie la moins curieuse à étudier ni la moins intéressante à
mettre en lumière. Nous ne nous expliquons pas une semblable
omission de la part d'un artiste aussi consciencieux que l'était
M. Dupasquier. A la vérité—et c'est là son excuse— il faut dire
qu'en ce temps-là, déjà loin de nous, les arts céramiques, très-
peu en faveur, ne préoccupaient que médiocrement l'attention
des archéologues, tout entière absorbée par l'étude des monu-
ments de l'architecture et de la sculpture.
   Quoi qu'il en soit, cette lacune est aujourd'hui comblée, au-
tant qu'elle pouvait l'être du moins, et ce, grâce au zèle des deux
archéologues nommés plus haut, MM. Savy et Sarsay.
 • Inspirés par l'amour de l'art, ces hommes dévoués n'ont re-
culé ni devant les fatigues d'un labeur ingrat et souvent infruc-
tueux, ni devant les dépenses qu'entraînent ces sortes de recher-
ches, pour reconstituer pièce à pièce, au prix de mille peines,