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                    1E CHATEAU D'ALBOJS.                 369

A cette époque, les comtes battaient monnaie à leur effi-
gie et s'y faisaient représenter vêtus à la royale.
   — Ces seigneurs étaient très-puissants, on peut en ju-
ger d'après leurs alliances.
   Guy-Allard nous apprend que « Mahault d'Albon fît
alliance, par mariage, avec Amé, comte de Savoie ; elle
était fille de Guigues d'Albon, tige des dauphins de Vien-
nois, et d'Agnès de Barcelone, fille d'Adélaïde de la Marche,
veuve du comte de Vermandois, descendu de Pépin, roi
d'Italie, second fils de l'empereur Oharlemagne. »
   Si tout cela n'est pas fabuleux, voilà de bien grands
noms.
   Un seigneur Hugues d'Albon fut évêque de Grenoble.
   — Messeigneurs d'Albon portaient, au xn è siècle,
des armes particulières, ce n'était pas le dauphin, qu'ils
n'adoptèrent que postérieurement, ce n'était pas non plus
la croix d'or, choisie plus tard par une branche cadette ;
les comtes de Graisivaudan-Albon portaient alors sur leur
écu un château, la colice baissée. (Guy-Allard).
   En ces temps, le Saint Empire se disloqua, et les empe-
reurs n'eurent plus le bras assez long pour -le faire sentir
au-delà des monts. Dès 1039, Conrad, pour faire recon-
naître son autorité, avait été forcé de faire des conces-
sions, les grands officiers avaient jeté les fondements de
quantité de souverainetés et avaient préparé leur émanci-
pation. Dans le courant du xn e siècle, les comtes et les
prélats se partagèrent la monarchie burgonde et devinrent
complètement indépendants. « Les villes, dit un vieil auteur,
se donnèrent aux évêques, tant à cause du respect de leur
 dignité, que de leur réputation de mérite personnel et de
 la justice de leur gouvernement. — Les comtes s'appro-
 prièrent en toute souveraineté les campagnes qu'ils n'a-
 vaient possédées qu'à titre de gouverneurs ; ils fondèrent