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482                 DO BIEN DANS L'ABSOLU

   Dieu n'a donc pas tant suspendu la circulation substanlia-
lisatrice établie entre lui et nous, et qui fait que l'être créé
subsiste par l'être incrée, que nous ne tressaillons en nous
même de toutes les éternelles sympathies, de tous les mou-
vements de l'être. Or, comme cette vie qui circule en Dieu est
une vie essentielle, absolue; comme ces mouvements sont ceux
de l'être nécessaire, de l'être qui exisîe par lui-même, et qu'il
est de la nature de l'existence véritable d'être par elle-même,
se pourrait-il, lorsque son flot conservaieur pénétre en
nous, que nous n'éprouvions pas aussi quelque chose de
son éternelle tendance, de son naturel mouvement !
   Ce mouvement naturel de l'être à la causalité pure et à
l'existence par soi-même,est ce qui constitue l'indépendance.
El ainsi, de ce que l'être spirituel s'aperçoit qu'il est dé-
taché de la cause première comme causalité, c'est-à-dire,
qu'il est libre, il est porté à se croire également détaché
d'elle comme substance, c'est-à-dire qu'il se croit indépen-
dant.
  Mais, avons-nous dit, pour être indépendant, il faut trou-
ver en soi le principe et le but de sa vie, être soi-même sa
propre félicité. Est indépendant celui dont le principe et la fin
ne dépendent d'aucun autre : Quel est donc l'être indépen-
dant, sinon l'Être incréé?
   Celui qui n'est ni sa source ni son but, et qui ne peut trou-
ver en lui sa propre félicité, est-il indépendant? S'il existe, au
contraire un être dépendant, n'est-ce pas celui dont le prin-
cipe et la fin dépendent d'un autre: Quel est donc l'être dé-
pendant, sinon l'être créé?

   Cependant, comprenons les nécessités de la création.
L'homme est un être, et cependant il n'est pas l'être infini ;
c'est l'être moins l'infini, c'estconséquemment l'être à la pour-
suite de l'infini. Car, au fond, l'être était absolu; et c'est la