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A LYON. 439 gagnant, de façon que l'histoire politique, l'histoire religieuse, l'histoire littéraire, l'archéologie, toutes ces sciences qui se tiennent enchaînées l'une à l'autre, ont trouvé d'avides explo- rateurs dont les travaux méritent assurément plus d'estime et de gloire qu'ils n'en obtiennent en général. C'est du môme esprit d'investigation que nous vient un nouveau travail d'un ancien magistral qui a déjà écrit à Lyon la Vie de Démosthène, celle du Chancelier d'Aguesseau, deux volumes sur la Révolution de 1830 et quelques autres ouvra- ges d'histoire. M. Boullée a pensé qu'en face d'un ordre de choses sorti des Etals-Généraux de 89, il serait curieux, tout au moins, de remonter à l'origine de nos assemblées représentatives, et d'en apprécier les tendances, d'eu juger le langage et les actes. Son livre s'étend de 1302 à 1626, embrassant ainsi les deux époques extrêmes du sujet, le premier germe des Etats et leur dernière apparition. Il n'est guère de peuple qui n'ait eu , sous des noms différents, ses tenues d'Etat, ses assemblées représentatives, et Tacite a rappelé celles des Germains, dans son beau livre sur leurs Mœurs. Ce dont il s'agit ici, c'est principalement d'une réunion des divers classes d'un royaume, de ses divers Ordres convoqués pour délibérer sur les mesures d'utilité publique, sur l'assiette des impôts, les abus à réprimer dans le gouver- nement, les améliorations à introduire. Le premier essai d'une assemblée de ce genre, chez nous, date de l'année 1302, et vint plutôt du besoin d'un contrepoids dans une affaire de souverain à souverain, que du désir sincère de servir le peu- ple, que de la nécessité d'obéir à une constitution qui, du reste, n'existait pas. Philippe—le-Bei, prince distingué à beaucoup d'égards, mais peu tourmenté de l'envie de dégrever ses sujets, s'ap- puya néanmoins sur eux avec énergie pour être plus fort