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428                    HISTOIRE DU CONSULAT
négociation du Concordat. L'admiration s'est déjà lassée au beau
speciacle du Consulat, et cependant on est encore saisi de ce grand
tableau si complet où éclatent en même temps le talent de l'histo-
rien et les puissantes facultés de Bonaparte. Comment ne pas s'ar-
rêter une fois encore pour contempler de nouveau ce génie jeune ,
qui rayonne en tous sens ; cette main intelligente , ferme, heureuse,
qui touchait à toutes choses et sous laquelle toutes choses se cal-
maient , se redressaient et se coordonnaient ?
    Oui, tout s'organisait partout à la fois; oui , l'œuvre sociale se
faisait éclatante et glorieuse; mais il importe de le répéter, si ja-
mais homme ne fut doué de facultés plus hautes, jamais homme ne
vint plus à propos que le Consul et ne fut plus aidé et soutenu dans
son entreprise. Dans la haute administration et dans l'armée, des
hommes de la plus grande valeur lui étaient en aide ; il avait à côté
de lui un sage conseiller, Cambacérès, qui lui fut souvent un utile
collaborateur , ce qu'on avait presque oublié , et ce que M. Thiers
 prend soin de rappeler plusieurs fois avec une complète justice. Il
 ne rencontrait jamais d'obstacle et il trouvait toujours un ferme
appui dans le Conseil-d'Etat et dans le Corps-Législatif. Il n'avait à
 compter qu'avec lui-même ; les finances étaient à lui sans conteste ;
 l'armée se glorifiait de l'avoir pour chef, et, comme pour lui lais-
 ser pleine et entière liberté, la Constitution lui avait livré la presse
 n'ayant rien stipulé pour elle !
    M. Thiers résume très bien cette remarquable situation dans les
 lignes suivantes :
     « Tout s'organisait donc à la fois avec l'ensemble qu'un esprit
 vaste peut mettre dans ses œuvres, avec la rapidité que peut y ap-
 porter une volonté ardente et déjà ponctuellement obéie. Le génie
 qui faisait ces choses était extraordinaire, sansdoute; mais, il faut le
dire, la situation était aussi extraordinaire que le génie. Le général
 Bonaparte avait la France et l'Europe à remuer, et pour levier la
 victoire ; il avait à rédiger tous les codes de la nation française, et,
 en même temps, tous les esprits disposésà recevoir ses lois ; il avait
 des routes, dos canaux, des ponts à construire, et personne pour lui
 contester les ressources ; il avait même des nations prêtes à lui
 fournir leurs trésors, comme les Italiens, par exemple, pourcontri-