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                          ET DE L'EMPIRE.                            429
 buer à l'ouverture du Simplom, ou pour doter les hospices placés
au sommet des Alpes. C'est que la Providence ne fait rien à demi ;
à un grand génie elle procure une grande œuvre, et à toute grande
œuvre un grand génie.»
   En général, les jugements de l'auteur doivent être acceptés avec
confiance, car il écrit sans passion , avec pleine connaissance des
hommes et des choses et en toute loyauté. On ne saurait priser trop
haut l'honorable prétention à l'impartialité qui se révèle dans cette
histoire contemporaine, sans arriver jusqu'à cette sorte d'indiffé-
rence dont on a voulu faire une austère vertu d'historien. Toutefois,
au milieu de ses jugements équitables, il peut paraître non pas in-
juste, mais exigeant à l'égard du Directoire, sur lequel il jette, au
début du livre, un coup d'œil rétrospectif. Quand on songe au
gouvernement directorial , à ce gouvernement intérimaire qui
dura quatre ans, comprimé, et, pour ainsi parler, aplati entre
93 et le Consulat, la Terreur et la gloire, un nom et un fait se
mêlent fâcheusement à ce souvenir et semblent remplircette époque:
le nom de Barras et les déportations de fructidor. Voilà ce qui surgit
tout d'abord du Directoire, sans même que ce nom, qui n'a que le
relief du vice, ait pu être effacé par les noms honorables et illustrés de
Barthélémy,Carnot etSieyes. Malheureusement aussi cette époque ne
se relève point par ses mœurs, et de tout cela a dû sortir un jugement
sévère généralement adopté et qui restera dans l'histoire. Pourtant
ce pouvoir accepté comme à titre d'essai gouvernemental, qui ne
devait pas avoir une foi bien vive en sa force et en sa durée, pou-
vait-il faire beaucoup plus qu'il n'a fait ? Après le grand ébranlement
de la terreur, pouvait-il entrer en pleine voie d'organisation sociale
et produire cet apaisement subit et général qui était réservé au
Consulat? Il n'y a que Dieu qui fasse jaillir impétueusement la lumière
des ténèbres et l'ordre du chaos. Ce serait justice peut-être de
compatir un peu plus aux faiblesses et aux fautes des directeurs, en
considérant leur début courageux et bien intentionné, la bonne vo-
lonté qu'ils ont montrée et les obstacles qu'ils ont rencontrés. Ce
sont là de ces temps malheureux et sacrifiés où le bien n'a pas encore
force de se produire, mais où il se forme en germe pour l'avenir
prochain. Le Directoire, après tout, fut un intermédiaire utile, une