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LES BIBLIOTHÈQUES DE LYON 461
ni soins ni dépenses pour atteindre son but : on estime que
la collection laissée à son décès ne lui avait pas coûté
moins de 100,000 francs. Elle se compose, suivant le ca-
talogue de M. Aimé Vingtrinie'r, son archiviste, de 18,600
articles, et, de l'aveu des hommes de science, jamais col-
lection aussi importante n'a été formée en France pour
l'histoire d'une grande ville ou d'une province.
Si cette bibliothèque était dispersée, il serait impossible
de la reconstituer, même au prix des plus grands sacri-
fices. On y remarque, en effet, bon nombre de livres et
de manuscrits dont il n'existe qu'un exemplaire : sa
valeur comme collection historique est donc incalculable
pour les Lyonnais.
A un autre point de vue, sous le rapport de son prix
vénal, cette bibliothèque a une grande importance. Tel
mince volume qui y figure, ne vaut pas moins de 1,500
francs pour le bibliophile, et, en somme, on peut
évaluer hardiment 25,000 francs la valeur de 80 à 100
volumes d'auteurs lyonnais ou de pièces lyonnaises du
xvie siècle.
A la mort de M. Coste, sa bibliothèque est passée entre
les mains de M. Coste, son frère et son héritier, qui a
offert d'en faire la cession à la ville.
L'administration municipale ne pourrait être indiffé-
rente à cette occasion d'ajouter à ses richesses historiques
une collection si précieuse ; elle a donc accueilli avec
empressement les offres de M. Coste.
Par une lettre que j'ai l'honneur de mettre sous vos
yeux, M. Coste consent à céder à la ville la collection
de son frère, telle qu'elle est désignée et détaillée dans le
catalogue, en deux volumes, rédigé par M. Vingtrinier
et imprimé par M. Perrin, et ce moyennant la somme de
40,000 francs, qui serait payable en dix annuités de