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214                   LES BIBLIOTHÈQUES DE LYON

qu'on devrait se lasser de recopier sans cesse d a n s tous les
livres qui p a r l e n t d e notre Bibliothèque et q u e j ' a i citée
plus h a u t . L a salle a u n espect saisissant ; son vaisseau
est h a r d i , i m m e n s e , g r a n d i o s e m ê m e ( 1 ) . — On le parcourt




   (1) Elle mesure quarante-huit mètres de longueur, onze de largeur
et environ treize de hauteur, — Son architecte est encore demeuré
inconnu, malgré les savantes recherches de M. Charvet ; toutefois, on
peut supposer qu'elle fut élevée d'après l'inspiration du P. Martel-
lange et construite en 1641, car on trouve à la date du 13 novembre-
 un acte par lequel la congrégation des Messieurs établie dans une
chapelle au-dessous de la Bibliothèque, s'engagea à concourir pour
une somme de 3,000 livres, à la couverture de la Bibliothèque.
   Cette chapelle, des Messieurs, fut décorée à l'intérieur pan T. Man-
chet. Voici sa description, faite par André Clapasson, en 1761 :
« Cette chapelle, dit-il, est magnifiquement ornée. Blanchet a fait le
dessin de tous les embellissements, et fait toutes les peintures, à l'ex-
ception de celles de la voûte, qui sont du frère L'Abbè.L'autel est formé
par deux grandes colonnes corinthiennes de marbre de Savoie, dont
les bases et les chapiteaux sont dorés et qui portent un fronton circu-
laire ; le grand tableau posé dans le milieu représente une Assomption.
Le pavé du sanctuaire et la balustrade sont aussi de marbre. Les
côtés de la chapelle sont couverts par un lambris qui renferme douze
tableaux de ia Sainte-Vierge. Chaque tableau est accompagné de deux
figures d'adolescents de marbre d'imitation. Au-dessous de ces
tableaux étaient gravées des inscriptions- »
   Il va sans dire que la Révolution a passé par eette belle et
riche chapelle et qu'elle y a tout brisé et saccagé ... L'Université en
a fait une salle de gymnastique pour les élèves du collège ; heureuse
pensée et pleine de prévoyance, qui a consisté à faire respirer aux
enfants entassés dans cette salle, pour le développement de leurs
muscles, le plus de poussière possible.... Et était-ce bien le cas de
réserver à cet usage, une chapelle remplie encore de peintures
religieuses'/ L'Université et surtout les Normaliens, presque tous
libres-penseurs, ne regardent pas de si près, — et cependant on
veut que la jeunesse ait le respect de la religion !.'!