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232 PROST DE ROYER.
vrage fut si grand et si général que l'archevêque de Lyon
chargea un théologien d'y répondre. Ce fut le R. P.
Hyacinthe de Gasquet, comte de Lorges, ancien lecteur
en théologie et controversiste apostolique qui accepta
cette mission. Il fit paraître, en 1866, un ouvrage inti-
tulé : l'Usure démasquée, ou exposition et réfutation
des erreurs opposées à la doctrine catholique sur l'inté-
rêt du prêt à jour et de commerce artiflcieusement en-
seignées dans quelques ouvrages modernes et plus par-
ticulièrement dans une Lettre à Mgr Varchevèque de
Lyon. Avignon, in-12, 478 pages.
Prost de Royer commençait déjà à délaisser son cabi-
net d'avocat (1) pour s'occuper plus exclusivement du
droit public. Cet homme, dont l'âme généreuse ne com-
prenait pas que l'on ne dût se dévouer entièrement au
bien de sa patrie et de ses concitoyens, se livrait avec
ardeur à la recherche de tout ce qui pouvait procurer un
soulagement ou un bien-être quelconque à ses semblables.
Il ne pouvait se figurer que l'on puisse avoir plus de soin
pour ses intérêts privés que pour ceux de son pays. Dans
toute sa vie, dans toutes ses actions, soit publiques, soit
privées, il s'était donné comme précepte cette grande
parole de Montesquieu : « Dans un temps d'ignorance,
« on n'a aucun doute même lorsqu'on fait les plus grands
« maux ; dans un temps de lumière, on tremble encore
« lorsqu'on fait le plus grand bien. »
En 1765, parut à Lyon, sans nom d'auteur ni d'impri-
meur, une brochure in-12 intitulée : De VAdministra-
tion municipale, ou lettre d'un citoyen de Lyon sur
(1) Prost de Royer demeurait me Saint-Jean, en face de la place
de la Baleine.