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RÉTIF DE LA BRETONNE. 525 femmes; elles ne pourront jamais faire une représentation, sous peine, en cas de récidive, de prison perpétuelle, d'où le mari pourra seul les tirer. Toute épouse infidèle ou véhémentement soupçonnée de l'être sera battue de verges, rasée et mise au pain et à l'eau dans une prison. Elle entendra sa sentence à genoux et portera l'habit des vieilles. Rétif ajoute : S'il s'agissait de punir la coupable à I'inscu de son mari, on supposerait une cause pour la faire enlever, on la mettrait au secret pendant huit jours durant lesquels elle serait torturée avec son complice. Il y aura des* Gynécées interdits aux hommes. Celui qui en forcera l'entrée violemment sera puni de mort. L'adultère puni de mort. L'ivresse chez la femme punie de mort. Aucune femme ni fille ne prendront du tabac ; les vieilles pourront seules le respirer à boîte ouverte. Est-ce assez de folie, de déraison, de cruautés, de puérilités, de délire? Ecoutez encore cette allocution que Rétif adresse aux femmes: « Vous serez heureuses parla soumission et les hommes parle commandement; quittez la chimère de l'égalité, elle est contraire à l'ordre. L'homme est à l'égard de la femme ce qu'est la Divinité à l'égard de l'homme: c'est un asile, un pro- tecteur. Malheur à la femme qui, semblable à l'athée, s'est fermée le refuge d'un mari protecteur. Il faut que toute femme se mette bien dans l'esprit que l'homme qui fait le plus de fautes dans sa conduite est ordinairement tou- jours en état de bien conduire sa femme. On a vu que Rétif, tout en établissant la subordination absolue des femmes, entendait bien néanmoins leur conserver tout ce qui les rend habituellement attrayantes. Il leur défend d'apprendre à lire, mais, par compensation, il leur fait enseigner la musique et la danse. Dans sa Découverte australe, livre ana- togue à la Cité du Soleil de Campanella et à ['Utopie de Thomas Morus, il nous dépeint les femmes occupées à des jeux d'adresse qui ont pour but de dé- velopper toute la puissance de leurs charmes. Elles ont un jeu, dit-il, qui leur plaît beaucoup, c'est de s'essayer entr'elles à qui prendra Vair le plus agréa- ble, le sourire le plus séduisant, à qui trouvera les moyens les plus efficaces de plaire aux hommes. Car on leur inculque dès l'enfance qu'elles sont faites pour l'homme comme l'homme pour la patrie ; voilà une véritable académie de grimaces amoureuses. En cela, Rétif se montre fidèle à lui-même, conséquent avec la double ten- dance que nous avons signalée plus haut : concilier la volupté avec la vertu, les identifier dans une morale équivoque, c'est toujours la philosophie du trahit sua quemque voluptas. D'après Rétif, comme aux yeux des autres ré- formateurs, les lois sociales qualifiées par eux de lois conventionnelles, font obstacle aux mouvements naturels, les seuls qui méritent satisfaction. Donc changeons ces lois sociales, et, pour sanctionner les instincts primitifs, ne