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410               HISTOIRE DES JOURNAUX DE LYON.
tiire, que Dnperret, sans le savoir, faisoit sur un journal aristocrate tombé
entre ses mains, quelques hommes malveillants ou ignorants, répandus dans
les tribunes de la société applaudirent. Vous êtes bien aveugles, citoyens,
leur dis-je en prenant la parole, prenez garde ; vous applaudissez la pétition
de vos plus grands ennemis. C'est de ce fait, dont tout le peuple des tribunes
et les membres de la Société, alors présents, n'ont sûrement pas perdu la mé-
moire, que je vous demande acte, en ce moment, pour éclairer la religion des
juges qui seront chargés de mon affaire.
   « Je vous écris en pleurant sur l'erreur de mes ennemis. Je ne balance pas
à les désigner; ce sont deux prêtres; l'un nommé Grimaud, qui tira dernière-
ment le sabre à votre tribune, au moment où nous défendions la cause d'un
patriote opprimé. Le second est le prêtre Lefebvre, agent de la commune.
Les autres sont des écrivaillons , secrétaires des représentants , que l'envie,
ombre des talents et compagne ordinaire des succès, a suscité contre moi. I,a
conduite de ces gens-là, que je n'ai fait encore qu'indiquer, en est la cause.
Mais pardon, je vous entretiens trop longtemps. Je vous demande acte de
ce que je dis au peuple le jour où Ton fit lecture, dans votre sein, de la trop
fameuse pétition. Accusez vérité ; c'est la seule chose que je réclame.
   « Salut, mes amis, et vive la République !
                                                  « D'AUMALE,
                           « Rédacteur du journal de Commune-Affranchie. »

   iNous avons souligné une phrase d'une naïveté incroyable,
mais que malheureusement ne justifient ni cette lettre, ni le jour-
nal. L'envie, ombre des talents, n'avait rien à voir dans les écrits
du patriote persécuté.
   Le 18 nivôse, un arrêté de la Commission temporaire auto-
rise la section de la Fédération à lever les scellés de dessus
l'imprimerie, et à la mettre à la disposition du citoyen Duviquet.
L'arrêté est signé Duhamel, président, Villain, Lemoigne, Prière,
Maillot, Duviquet, secrétaire ; pour autorisation, le représentant
du peuple, Fouché.
   Quelques jours après, d'Aumale, mis en liberté, partait
pour Paris (1). Le journal, interrompu pendant six mois,

   (t) D'Aumale, étant sorti de prison, réclama les effets qui lui appartenaient
et qui se trouvaient sous les scellés dans l'appartement dont il avait dépos-
sédé le citoyen Grenier. Une enquête eut liea,elle fut suivie d'un procès-verbal.
   « Cejotird'hui 2y pluviôse, l'an II de la République française, une et indi-