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                  HISTOIRE DES JOURNAUX DE LYON.                           329
fâché que le patient bibliophile, dont nous avons si souvent con-
sulté les travaux, n'ait pas fait plus de recherches avant d'écrire
cet article et n'ait pas vu que ces numéros ne sont que la con-
tinuation de la feuille dont Prudhomme avait été le premier
signataire-éditeur.
   La leçon donnée à Laussel par le Département et par le tri-
bunal du District if eût aucune influence, il fallut sévir de
nouveau. Le 25 novembre 1791, un arrêté du Conseil général
du Département de Rhône et Loire, sur le réquisitoire du Pro-
cureur-général-syndic, ordonne la saisie du Journal de Lyon
ou Moniteur du dépt. de Bhône eu Loire, et, le 28 du même
mois , le procureur-général-syndic envoie au procureur-syndic
du district de Lyon huit feuilles imprimées de ce journal pour
qu'il les remette à l'accusateur public. Le numéro 124 (13 jan-
vier 1792) annonce que :
   Le 24 décembre 1791, on a signifié au domicile du citoyen Carrier, éditeur
de cette feuille un jugement dont voici la teneur : « Suivant le jugement rendu
par le tribunal du district de la ville de Lyon... il est mandé au premier huis-
sier ou sergent requis, prendre et saisir au corps le sieur Carrier... Fait à
Lyon, au tribunal du district de 11 ville, le 6 décembre 179t. » Le sieur Car-
rier qui craint le ressentiment de M. l'accusateur public répondra de loin qu'on
ait à choisir un autre tribunal.

   Jugements, condamnations, tout fut inutile. Laussel ne s'a-
menda point, et, jusqu'au mois de février 1792, le Journal de
Lyon, fut, sous sa direction, un sujet de terreur et d'effroi pour
tous les honnêtes gens.
   Pour juger cet homme et l'apprécier à sa valeur, il faut l'en-
tendre parler lui-même. Nommé Procureur de la Commune, ac-
cusé de malversation, poursuivi par la clameur publique et jus-
que par le Journal de Lyon lui-même qu'il avait créé et qui le
dénonce, arrêté et conduit devant les tribunaux, voilà comment
il se disculpe dans une brochure intitulée : L'honnête criminel.
Paris, S. D., (1793), in-4, 8 pages.
  Je suis traduit au tribunal révolutionnaire comme prévenu de prévarication
dans mes fonctions et d'intelligence avec les émigrés... Cette accusation, dé-
nuée de fondement, n'est pas même l'effet du soupçon. C'est une de ces ma-