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300                       DE LA SAONE.

 à fixer la fortune de Rome dans les Gaules, par la première vic-
 toire qu'il remporta sur les Helvètes. C'est sur ces mêmes rives
 que se livra, vers la fin du IIe siècle de notre ère, entre Sévère
 et Albin, la fameuse bataille dans laquelle ces deux compétiteurs
 de Rome se disputèrent l'empire du monde.
    Pendant tout le temps que dura la domination romaine dans
les Gaules, la Saône fut constamment le point de mire où les
peuples de la Germanie cherchèrent à porter leurs campements;
 et c'est le cours de cette rivière que suivirent ces mêmes peuples
lorsque, au Ve siècle, ils s'élancèrent sur l'Italie pour aller
abattre les derniers étais du colosse romain.
    De même qu'au temps 'des Celtes, la Saône avait été le sujet
d'incessantes querelles entre les Edues et les Séquanes, de
même aussi, pendant tout le moyen-âge, depuis le partage des
 Etats de Louis-le-Débonnaire, en 843, cette rivière fut l'objet de
disputes sans cesse renouvelées entre les souverains de France ,
de Bourgogne, d'Allemagne et de Savoie.
    C'est sur les bords de la Saône que la flatterie humaine éleva
un temple où fut dressé le premier autel dédié à Auguste, té-
moignage de la grandeur et de l'abaissement de ces temps, et
c'est aussi sur les bords de la Saône, s'il faut en croire la
tradition locale, qu'apparut le Labarum qui conduisit à la vic-
toire les troupes de Constantin..
    C'est sur les bords de la Saône qu'a été nourrie dans les
principes de la religion chrétienne, Sainte Clotilde dont la foi a
jeté des semences si fécondes pour la civilisation.
    Enfin Bonaparte, ce géant de notre époque, a passé quatre ans
de sa jeunesse sur les rives de la Saône où il préluda à sa grande
destinée par d'éphémères écrits en faveur de la liberté, de
cette liberté qu'il devait peu après étouffer au milieu des presti-
 ges de la gloire.
    D'autres diront ces choses. Pour nous, nous nous sommes
attaché surtout aux détails de la Saône, à reproduire ces dé-
tails, à saisir et à constater les faits que le temps emportait, les
faits les plus minimes, à les étudier afin de les mieux compren-
 dre, de les mieux juger, et partant, afin de mieux jouir de notre