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 242                      DE LA SAONE.
  Louis Breittmayer avait fait construire à Marseille la coque,
  moitié en bois et moitié en tôle, d'après un système mixte pour
  lequel il avait pris un brevet. Ce bateau qui se rendait de Lyon
  à Chàlon en 11 heures obtint rapidement une préférence marquée
  sur ses concurrents. Pendant la première année, il ne transporta
  pas moins, en moyenne, de 300 voyageurs par jour.
     Vers la fin de la même année 1839, la Compagnie générale
  fit naviguer sur la Saône le Cijgne, de la force de 40 chevaux,
  dont la coque en tôle fut construite à Yaise par M. Mauriac. Ce
 bateau fut établi sur le modèle de l'Aigle, sous tous les rapports
 d'élégance et de confortabilité. Aussi vit-on ces deux bateaux
 partager entre eux le transport de la plus grande partie des
 voyageurs, jusqu'en 1842, époque où la Compagnie àes Hiron-
 delles fit marcher l'Hirondelle n° 5 qui remontait de Lyon à
 Chàlon en 9 heures et demie.
     Depuis lors, chaque année a vu paraître sur la Saône un ou
 plusieurs bateaux nouveaux dans la construction desquels l'on a
 lutté avec persévérance pour accroître la vitesse de la marche et
 diminuer la dépense du combustible.
     Grâce aux importants travaux exécutés par l'administration
 des ponts et chaussées pour améliorer le lit et les rives de la
Saône, la navigation de cette rivière ne fut plus désormais
 arrêtée par les sécheresses ; immense progrès. Le Papin n° 3
fut le premier bateau à vapeur qui naviguât, en 1842, par les
basses eaux, sans interruption de service.
     Le préfet du Rhône, dans son Rapport du mois d'août 1843,
au Conseil général de son département,xonstatait ce qui suit :
    La plupart des passes difficiles de la" Grande-Saône sont au-
jourd'hui rectifiées. Ici les draguages ont creusé le thalweg en
même temps que le lit était rétréci par des clayonnages que
soutient un solide empierrement; là, comme à Couzon, à Albi-
gny, aux îles Royes, des digues submersibles barrent les faux bras
de la rivière et rejettent dans le bras principal, du côté du
hallage, les deux tiers environ des eaux basses qui, autrefois, se
perdaient sur la rive opposée.
    Les conséquences ne se sont pas fait attendre.- bien que la