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             OU BIBLIOGRAPHIE DE LA. VILLE DE LYON.                         35

   Sa bibliothèque, c'était lui-même, il vivait pour elle et par
elle, il en était fier, c'était son enfant. Sa pensée de tous les mo-
ments , c'était de la rendre en quelque sorte inviolable, et d'en
assurer à jamais la conservation. 11 s'indignait à l'idée que la
moindre parcelle de ses trésors en fut jamais distraite par une
main infidèle, et parlait souvent des mesures qu'il se proposait
de prendre pour en assurer à ses concitoyens la jouissance in-
tégrale. M. Coste redoutait que, après sa mort, quelques volumes
ne fussent enlevés à ses collections, malheur arrivé à la biblio-
thèque Adamoli, et qui arrivera toujours de loin en loin aux
bibliothèques publiques les mieux gardées ; il ne s'agit pas au-
jourd'hui du détournement possible de quelques livres ; c'est la
bibliothèque entière qui doit être dépecée, mutilée et complète-
ment anéantie. L'œuvre admirable que M. Coste avait formée
avec tant d'intelligence , ne doit,:dit-on, pas vivre au delà du
temps nécessaire pour en dresser le catalogue de vente.
   Avant de dire nettement ma pensée sur cette profanation , je
 dois d'abord poser la question dans des termes réels.
    La bibliothèque de M. Coste se compose de livres infiniment
 précieux, soit sur l'histoire générale, soit sur l'histoire de France
 en particulier, d'éditions lyonnaises, et enfin d'ouvrages divers
en très-grand nombre, et de manuscrits sur Lyon. M. Coste
n'a jamais eu l'intention de donner à la ville sa bibliothèque
tout entière, il lui destinait seulement ses éditions lyonnaises, et
ses livres, manuscrits ou documents de toute nature qui ont Lyon
et le Lyonnais pour objet. Toute considérable qu'elle est par la
quantité, cette partie de sa bibliothèque n'a pas, à beaucoup
près, la valeur de l'autre ; livrée aux enchères , elle produira
très-peu d'argent, circonstance qui la rendra bien plus regretta-
ble. En effet, bien peu des ouvrages dont l'Histoire de Lyon est le
sujet ont quelque valeur (je parle de valeur matérielle) • très-peu,
sous ce rapport, sortent de la cathégorie des livres les plus vul-


eement d'exécution, il est donc permis, jusqu'au dernier moment, de révoquer
en doute une nouvelle que les amis des lettres considèrent à bon droit, si elle
est vraie, comme l'annonce d'une calamité publique.