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              ÉTYMOLOGIE DU NOM DE MONTRICHARD.                    187

 travaux étymologiques que j'ai publiés en cette Revue, der-
 nière partie que des circonstances, indépendantes de ma volonté,
 m'ont forcé de remettre.
    Quant au troisième, Montrichard, c'est autre chose ; je le
happe au passage ; il est tourangeau, mon proche voisin par
conséquent, et de plus mon appartenance, en ma qualité de
membre de la Société archéologique de Touraine. A quels re-
mords ne serais-je pas en proie, je vous le demande, si je
le laissais affublé de latin, lui pour qui mes pères avaient choisi,
dans leur rude mais expressif idiome, un vêtement si beau, si
harmonieux, si conforme à sa nature ?
   Or, écrit M. Debombourg, « prononcez              Mont-trichard
pour Mont-Richard, Mon-triboud pour Mon-Ribpud, Mon-
trond pour Mont-Rond..... » Eh. bien ! je dois le dire, le nom
de Richard n'est entré que par le fait des latinisants dans le nom
des Montrichard parvenus à ma connaissance. A la réserve de
Mont, qui est d'annexé romaine, tout le vocable est gaulois, et
du meilleur, et du préhistorique, puisqu'il tient â la constitution
territoriale primitive des races européennes d'origine aryâne.
   Il ne me sera pas difficile de le prouver.
   Je commence par le MONTRICHARD de la Touraine, aujour-
d'hui de Loir-et-Cher.
   Vers l'an 1004 de J . - C , époque où l'histoire commence pour
la montagne ardue sur laquelle s'élève l'imposant donjon dit de
Montrichard, cette montagne était la chose inféodée et le domi-
cile légal d'un certain Rabel ou Rabeau, Rebel ou Rebeau, hom-
me d'extraction noble. Un beau matin, Foulques-Nerra, comte
d'Anjou, s'empara de cette montagne, chose et domicile de
Rabeau, y bâtit une forteresse que, ajoute une des rares chro-
niques pour ces temps, l'histoire de la maison d'Amboise, il
baptisa du nom de Montrichard « quod Montricardum nun-
cupavit » (1), ou qui, ajoute à son tour une chronique con-

   (1) « Erat super Carum fluvium villa quœ Nantolium dicilur, et inter
montem et Carum vicus Rabelli nobilis. Mons proprius Gclduini erat,
villa verô de'proprio fçodo~ejusdem ; quœ omnia Fulco Gelduino et suis