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40 HÔPITAL DE IK QUARANTAINE.
En oonsôquence, pouvoir est donné aux sieurs eschevins
d'obtenir l'état d'assiette de deux mille livres pour le ser-
vice des pauvres malades de la maladie. »
Cette série d'épidémies fondant sur Villefranche durant
cinq années, après un repos de 32 ans, et cessant ensuite
pour un siècle, à part une douteuse apparition dix ans plus
tard; ne forme-t-elle pas une épidémie unique, une occu-
pation continue de notre province par le fléau, tantôt sur
un point, tantôt sur un autre ? C'est ainsi qu'elle s'était
comportée de 1581 à 1587.
Un fait singulier, c'est que, durant ces cinq années, le
nom de peste ne paraît pas une seule fois, comme si l'on
craignait de prononcer ce nom terrible. Et pourtant jamais
la nature delà maladie ne fut plus évidente, comme on
eut assez occasion de le voir à Lyon. Cette ville avait reçu
la peste, des provinces du midi, six mois avant Villefranche;
Elle Ja garda quatre mois et perdit, dans cet intervalle,
70 mille habitants, d'après certaines évaluations,et 35 mille
d'après les plus modérées.
Une relation de cet événement, faite par le père Jean
Grillot qui paya largement de sa personne pour secourir les
malades, surpasse en horreur tout ce qui a jamais été dit
sur aucune calamité de ce genre.
La peste est signalée à la même époque dans le Yélay
où elle séjourne pendant trois années ; elle y fit de tels ra-
vages, que dans la seule année 1629, elle emporta, d'après
Burel, qui sans doute exagère, seize mille personnes dans
la ville du Puy (1).
Cette épidémie est la première où il soit question, dans
nos archives, des secours religieux administrés aux pes-
tiférés ; ce ministère est rempli par les capucins établis
dans la ville depuis J615. Comme preuve, nous trouvons
dans un registre|de la chambre des comptes :
« Il (M. Antoine Blondel,[échevin),Je 10 décembre 1629,
(1) Mémoire du Dr Vissaguct.