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MADEMOISELLE DE MAGLAND. 527
bue j'assurai être divine. On servit le thé, cette poétique boisson
que nous avons proclamée la plus sociale, la plus liante, et qu'une
erreur de la création a fait naître ailleurs qu'en France. Son
effet enivrant ne pouvait manquer de se faire sentir dans notre pe-
tit cercle ; à la fin de la soirée, on nous aurait pris pour de vieux
amis. Cette hospitalité si franche et si gracieuse m'a enchanté.
Je ne sais rien de plus poétique, de plus séduisant que cet in-
térieur. Je suis donc établi à Hauterive, chassant tout le jour,
ou faisant quelques études des sites pittoresques qui nous entou-
rent. Quand le temps le permet nous faisons de longues pro-
menades avec les habitants du Genêt, et invariablement la journée
s'achève chez eux. Près de se quitter, on s'étonne de la fuite
des heures, et l'on se sépare en échangeant ce doux mot : à de-
main. Pourtant, vingt fois j'ai voulu partir. Ai-je besoin de te
dire qu'Alix est le serpent dont le regard engourdit l'oiseau, pa-
ralyse ses ailes, et lui défend la fuite? Cela te semble sans doute
un peu extravagant pour moi surtout qui, de tous les hommes
d'imagination, suis sans doute le moins romanesque; mais, sois
tranquille, à trente-trois ans, on sait faire la part du cœur et de la
fête.
Vale.
(La suite au prochain numéro).