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fc32 HISTOIRE l)C CONSULAT
intéressante rencontre que de trouver là ce jeune général, cette
capote grise, plus persévérant, mieux inspiré que ses conseillers,
appliquant toute l'intensité de son vaste et ferme esprit à celte
négociation laborieuse, et se pliant, contre nature, aux lenteurs de
la diplomatie romaine. On s'est demandé si c'était politique ou foi
religieuse. C'était de l'une et de l'autre, et, pardessus tout, c'était
sagesse et bonne inspiration.
M. Thiers ajoute :
« Il faut dire cependant, à cet égard, que la constitution morale
du général Bonaparte le portait aux idées religieuses. Une intelli-
gence supérieure est saisie, à proportion de sa supériorité même,
des beautés de la création. C'est l'intelligence qui découvre l'intelli-
gence dans l'univers, et un grand esprit est plus capable qu'un petit
de voir Dieu à travers ses œuvres. Le général Bonaparte controver-
sait volontiers, sur les questions philosophiques et religieuses, avec
Monge, Lagrange, Laplace, savants qu'il honorait et aimait, et les
embarrassait souvent, dans leur incrédulité, par la netteté, la vigueur
originale de ses arguments. A cela il faut ajouter encore que, nourri
dans un pays inculte et religieux, sous les yeux d'une mère pieuse,
la vue du vieil autel catholique éveillait chez lui les souvenirs de
l'enfance , toujours si puissants sur une imagination sensible et
grande. Quant à l'ambition que certains détracteurs ont voulu don-
ner comme unique motif de sa conduite en cette circonstance, il n'en
avait pas d'autre alors que de faire le bien en toutes choses ; et,
sans doute, s'il voyait, comme récompense de ce bien accompli,
une augmentation de pouvoir, il faut le lui pardonner. C'est la plus
noble, la plus légitime ambition que celle qui cherche à fonder son
empire sur la satisfaction des vrais besoins des peuples.»
Je viens de dire que la négociation du Concordat fut une des plus
imporiantes et la plus difficile de toutes celles menées à bonne fin
par le I«r Consul, et ce résultat fut bien sa gloire personnelle. Elle
était de très haute importance parce que les questions de l'ordre
religieux entraient profondément dans les entrailles du pays et pou-
vaient y faire naître de nouvelles perturbations. Le clergé qui se
disait orthodoxe avait un pouvoir d'autant plus étendu qu'il était
occulte, et d'autant plus dangereux qu'il agissait dans l'ombre. Il