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    408               EXCURSION «ANS LE MIDI.
      Ce n'est pas tout : Ratoneau trahi par le sort, voyez avec
    quelle dignité et quelle grandeur d'ame Francœur accepte
    son infortune et parle au vainqueur : « Je me rends, dit-il,
    avec les honneurs de la guerre. »
      Ne vous semble-t-il pas entendre François I e r s'écrier :
    « Tout est perdu, fors l'honneur. »
      Puis Francœur ajoute :
      « Je demande d'emporter mon havre-sac et ma pipe. »
    Ces paroles ne sont-elles pas de beaucoup supérieures à
    celles de Porus qui, lorsqu'AIexandre lui demanda com-
    ment il prétendait être traité, répondit : « En roi. "
      Francœur, lui, est plus sage, plus philosophe : il se soucie
    peu d'être traité en roi, il veut être traité en soldat; « Qu'on
    me rende mon havre-sac et ma pipe! »
      Vauvenargue avait bien raison de dire que les grands
    hommes parlent comme la nature, simplement. »         •
       Quoi de plus simple que ces paroles-là ? Qu'on ine rende
    mon havre-sac et ma pipe!
      Et Francœur serait un insensé, un fou ? Moi je dis que pour
    devenir immortel comme le roi d'Yvetot, il n'a manqué au
    roi de Ratoneau qu'une chose: une chanson de Béranger.
       Notre cicérone marseillais, à qui j'avais fait part de cette
    réflexion, fut tout à fait de mon avis. Or cet avis-là en vaut
    bien un autre.
       Nous nous quittâmes peu de moments après, en nous don-
    nant rendes-vous au leudemain pour une excursion dans la
    ville et une promenade dandye au Prado, le bois de Bou-
    logne des lions et des lionnes de Marseille.




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