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2'il               EXCURSION DANS LE ÃŽHIUr.
à présent, était déjà jugé par l'impartiale histoire. C'est un
héros à part qui ne peut avoir de successeurs; c'est l'im-
mortel représentant d'une époque accomplie. Il ne peut
être le symboîe ni le modèle d'une époque à venir : l'esprit
de conquêtes militaires a fait son temps.
    La gloire avait tué la liberté. La liberté, à son tour, a lue
la gloire.
    Ce qui mérite à Napoléon les éternels hommages de la
France, c'est un sentiment de grandeur et de dignité natio-
nale qui, porté dans son cœur jusqu'à l'exaltation, a pu lui
faire commettre beaucoup de fautes, mais nous a valu aussi
beaucoup de gloire.
    Il reste à la révolution de juillet une autre mission à
r e m p l i r , mission toute pacifique, mais non moins grande
ni moins b e l l e ; elle doit faire pour le développement d e l à
prospérité publique et le bien-être du peuple, ce que Napo-
léon a réalisé pour sa gloire.
    Mais je m'aperçois que le démon de la digressiou m'a entraî-
né bien loin du petit chemin sablé de la promenade Bonaparte.
    En passant auprès de la nouvelle colonne surmontée du
buste de l'empereur coiffé du petit chapeau, je fis des vœux
pour que ce monument inoffensif demeurât désormais r e s -
pecté, et pour que les frêles arbustes de la promenade qui
l'entourent, croissassenl à l'abri des furieux coups de vent
de la Provence, aussi bien que des révolutions, ces autres
mistrals politiques.
   Le m o n u m e n t dans son ensemble ne présente rien de r e -
marquable. Ce n'est pas un Phidias qui a fait sortir de son
ciseau cette figure impériale coiffée du feutre historique. Le
piédestal ne porte aucune inscription, et la colonne est vierge
de tout distique. Est-ce calcul ou sentiment des choses?
Les municipalités bourgeoises, dans ces sortes d'attouche-
ments lapidaires, ont eu si souvent la main malheureuse,
que j'aime mieux croire que c'est ici, de la part de l'admi-
nistration marseillaise, affaire de bon goût.