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                         EN ALLEMAGNE.                        213

avec l'art d'un général qui bat habilement en retraite, il pré-
tend, il est vrai, aux honneurs de la victoire, mais il contribue
plutôt à mettre en relief l'impuissance de la doctrine de l'idéa-
lisme absolu. Aussi Frendelenbourg, dans une excellente
petite brochure qui résume les débats passés, répond à l'a-
pologie de Gabier, et provoque des discussions ultérieures,
croit-il que les critiques émises par lui au sujet du hégélia-
nisme, attendent encore toujours leur réfutation, et le public
est de l'avis de Frendelenbourg.



                               V,


   Ne nous reste plus à considérer que la manifestation la
plus célèbre de la réaction anti-hégélienne à Berlin, et à
donner une idée de la lutte grandiose du nouveau système
de Schelling contre toute la doctrine logique. Personne n'i-
gnore que c'est par la bouche même du célèbre philosophe
venu de Munich, que l'idée de la nécessité de l'observation
et celle de la certitude du théisme s'élèvent en ce moment
avec le plus d'éclat contre le panthéisme apriorique dans
lequel se formule en dernière analyse le système hégélien
franchement énoncé.
   Dans le discours par lequel% il y a trois ans, Schelling
ouvrit son premier cours de philosophie à Berlin, cet illustre
penseur annonça dans la ville où le hégélianisme n'avait
connu jusqu'alors presque aucun contradicteur, qu'il était venu
pour prononcer une parole décisive, pour rendre à la philoso-
phie le plus éminenl service, pour la faire sortir des difficultés
où elle s'était engagée, et pour la remettre sur la voie de
son libre développement. Il promit de faire cesser le conflit
douloureux de la science spéculative avec les convictions les