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ET ADÉODAT FAIVRE 175
rites, et traitait fort cavalièrement les plus grands person-
nages. Ne fallait-il pas plutôt le plaindre que le réfuter? Il
subissait la loi de déchéance qui pèse sur le prêtre, une fois
qu'il a rompu avec son auguste ministère, el qui le précipite
d'autant plus bas que son rang était plus élevé aux yeux
des peuples. C'est une loi invariable ; qu'on la remarque bien.
M. Faivre semble s'être proposé de suivre pied à pied
M. Feuillade, dans ses écarts; c'est une rude tâche avec un
homme qui échappe à chaque instant par ses divagations,
et qui court de difficultés en difficultés, sans rien approfondir.
Il eût été mieux de borner la critique à quelques points
généraux, et de laisser de côté tant de vaines allégations
de M. Feuillade. On reproche au réfulateur, c'est lui qui
nous l'apprend, de l'âcreté dans le style, et de la partialité
dans les jugements, et il est vrai qu'il aurait dû s'abstenir de
certaines expressions trop vives. Il eût prévenu plus favora-
blement le lecteur, en évitant des objurgations et des épilhè-
tes trop peu mesurées. Du reste, M. Faivre montrait dans ce
travail beaucoup d'instruction et de lecture.
Il semblait croire que l'ouvrage de M. Feuillade tenait
au même plan que le Projet de réunion présenté à Bonaparte
par M. de Beaufort, en 1806; il disait que ce M. de Beau-
fort était un prêtre du diocèse de Besançon, un prêtre qui
avait renoncé à son ministère. M. Faivre citait encore un
autre prêtre, le prieur-curé de Saint-Pierre du Bois, au-
teur du livre intitulé : Un mot des plus anciens de tous les
Evangiles à JV. 5. P. le Pape, à tous les prêtres (1795), ou-
vrage qui n'était qu'une longue déclamation contre l'Eglise
romaine et contre les prêtres. Enfin, il reprochait a M. Feuil-
lade d'avoir choisi ses modèles parmi ceux qui ont désho-
noré leur ministère (1).
( 0 Ami de la Religion, XXIII, t.—XXVII, 36 9 ,