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POESIE. A l'école il vint me distraire; Que de pinsums il me fit faire, Ce lutin, gentil lézard vif A l'œil furtif, Disant : « Chère âme prisonnière, « Je suis l'école buissonnière ; « Prenons, loin des argus méchants, « La clef des champs ' » Un soir, dans ma pauvre mansarde, Le rêve aimé longtemps s'attarde ; Il a nez troussé, lourd chignon. Et sein mignon. Parlant cette langue divine Qu'à son insu le cœur devine, Il soupirait : « Marque ce jour. « Je suis l'Amour ! » Plus tard, équipé comme un drôle. Il vient, le fusil sur l'épaule, Avant l'aube, exciter du cor Mon chien Médor. Il sonnait : « Je suis la fanfare « Qui mène la chasse et l'égaré « Sur les pas d'un dieu tourmenté « De liberté. » Voilà qu'une nuit il m'éveille Pour me réciter à l'oreille Des chansons qu'il doit au hazard Plus qu'à Ronsard.