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228 MONOGRAPHIE DE L'ÉGUSE DE BROU. bleaux, malgré leur puissante carrure, par des piles butantes de 0,70 cent, de largeur, de lm30 de saillie et de 3m de hauteur environ, a partir de leur lit d'assises. Ces piles, tou- tefois, ne forment que l'appoint apparent de la force com- pressive de la voûte et des arcs, car il faut faire attention que cette force de compression réside particulièrement dans les murs séparatifs des chapelles qui montent très-haut, et présentent, par leur disposition, une culée naturelle et pro- fonde à l'action des poussées. Les contreforts dont parle M. Didron, et qui sont décou- pés de niches et de festons a « forme ogivale » sont ceux qui contre-butent les bas-côtés et les chapelles latérales. Ceux de la grande nef sont tout simplement des massifs en ma- çonnerie assez grossière et enduite au mortier. 11 ne faut rien moins que la plume magique du célèbre écrivain pour transformer en « arches aériennes d'un aque- « duc traversant une vallée profonde d'une montagne al'au- « tre » ce malencontreux échafaudage de pierres qui étreint de toutes parts nos grandes cathédrales. Le poète- archéologue couvre de beaucoup trop de fleurs, ce me sem- ble, un genre de butée qu'il aurait dû examiner plus attenti- vement dans ses conséquences avant de le présenter comme un sujet d'admiration. En effet, si l'on voulait compter toutes les églises dont la destruction eût été complète si l'on ne se lût décidé a refaire ou a consolider les arcs-boutants dans les- quels il s'est produit des mouvements et des déformations, on verrait que ce tour de force imaginé pour contenir la poussée des voûtes, est un système spécieux, d'une applica- tion incertaine et d'un effet déplorable, car il donne a l'édi- fice l'aspect d'une construction qui menace ruine et ne peut se tenir debout qu'à l'aide de nombreux étançons. On peut donc sur ce point ne pas être de l'avis de M. Di- dron, et trouver un vice de moins h l'église de Brou.