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ÉTUDES D'ARCHÉOLOGIE PRÉHISTORIQUE. 25
Notre station de Solutré, comme on l'a vu, loin de
fournir des faits contraires à cette théorie, vient l'ap-
puyer d'un ensemble de preuves très-respectables (1).
D'ailleurs cette conclusion est non-seulement conforme
aux données classiques de l'ethnographie, mais de plus
elle les développe et leur sert de commentaire en y ajoutant
des lumières nouvelles. Les plus antiques traditions nous
montrent en effet les côtes de la Méditéranée occupées
dès l'aurore des temps historiques par les Ombres d'une
part, rameau de la famille celtique, établi à une époque
mystérieuse dans l'Europe occidentale comme l'avant-
garde des Gallo-Cymris ses congénères, et de l'autre les *
Ibères, un peuple étrange, d'origine inconnue, parlant
une langue sauvage et primitive ; puis des populations
formées d'un mélange d'Ombres et d'Ibères désignées
sous le nom de celtibères ou de Ligures, lig-war, ce qui
veut dire homme de sang mêlé. Plus tard, de nou-
velles immigrations celtiques, balayant le sol de la
Gaule, vinrent repousser vers le Sud les Ibères et les
(1) Les conclusions de l'anthropologie sont positives sur ce point et les
magnifiques résultais atteints par M. le D r Pruner-Bey avec l'autorité
d'une profonde expérience et d'une haute érudition, sont désormais acquis
à la science. Il est démontré qu'un seul groupe d'hommes occupait, aux
temps primitifs, toute l'Europe, probablement la Haute-Asie et enfin
l'Amérique, reliée à l'Europe par l'Atlantide, ce mystérieux continent
submergé que M. Bourguignat vient de reconstruire. Leurs descendants
historiques sont, dans l'Europe occidentale, les Ibères et les Ligures, dont
le type crânien est le même ; c'est le type mongoloïde. M. Pruner-Bey a
constaté avec la même évidence que la langue des Ibères que nous con-
naissons par le basque ou l'cuskarien, est un idiome américain. Elle a des
affinités aussi avec les langues touraniennos et forme ainsi comme un trait
d'union entre les divers rameaux de la famille mongoloïde primitive. (Voir
les mémoires de M. le D r Pruner-Bey, Bulletin de la Soc. d'Anthropol.
1861-67.) Le savant linguiste M. H. de Charencey est arrive aux mêmes
conclusions.