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308 LA R E V U E LYONNAISE
vanité, il disait descendre de Campegge, de Bologne, et des Cam-
pisi, de Pavie. Antoine de Lorraine se l'attacha et il se trouva aux
batailles d'Agnadel et de Marignan avec le chevalier Bayard dont
il avait épousé la cousine Marguerite du Tèrrail. L'Italie lui in-
spira le goût et le culte de l'art. A son retour, il étudia nos mo-
numents anciens et publia, en 1529, son livre: Galliee celticse
ac anliquitatis Lugdunensis quse caput est celticse. Mais, dit
M. Breghot du Lut, « ses ouvrages historiques, presque tous curieux,
sont pleins de fictions et -souvent empreints des préjugés et des
erreurs de son temps. Ses écrits sur l'histoire de Lyon sont surtout
mêlés de fables, d'inexactitudes, même d'absurdités. Il n'y a dans
ses écrits, ni critique, ni goût dans le style; on y trouvé ce-
pendant quelques passages qui méritent de fixer l'attention, et la
lecture de ses ouvrages n'est pas sans utilité, si on les considère
comme des.monuments propres à faire connaître l'état des sciences
et de la littérature à l'époque où ils parurent. On ne doit point
perdre de vue non plus qu'il les a composés dans les premières-
années du seizième siècle, c'est-à -dire à l'aurore de la Renais-
sance. » Ghampier voulut les honneurs politiques et la populace
dont il avait été un moment l'idole saccagea ensuite sa maison
dans la fameuse émeute (rebeyne) dont il nous a laissé le récit.
Lyon lui doit aussi en partie la fondation de son grand Collège
de la Trinité. Alors la jeunesse était obligée, par suite de la dé-
cadence des écoles de Lyon, de fréquenter les Universités de
Paris et de Toulouse et même de l'étranger ; mais en créant le
grand Collège, nos écoliers purent trouver dans leur ville des
maîtres qu'ils avaient été obligés d'aller chercher au loin jus-
qu'alors. « Ces escoliers, dit Champier, au retour de l'étude, au
lieu d'ung livre et de science ne rapportent souvent qu'un
cousteau ou rapière à leur ceinture pour ribler. »
Son livre sur les antiquités de Lyon fut traduit en français et
parut sous ce litre : De l'antiquité, origine et noblesse de la
très antique cité de Lyon, traduit du latin de Messire Morin
Pierrecham, par Théophile du Mas, de Saint-Michel en
Bar rois, in-8.
Morin Pierrecham et Théophile du Mas, nous apprend M. Bre-
ghot du Lut, dans ses Nouveaux Mélanges (p. 86), "sont