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                      SOCIÉTÉS S A V A N T E S                                  79
   M. Ducurtyl continue sa lecture sur la Responsabilité littéraire. Il montre les
dangers de la dift'usion sans mesure des publications immorales quis s'offrent
partout à la curiosité malsaine des jeunes gens. Un journal, qui s'adresse spé-
cialement aux élèves, est consacré à l'exposé des doctrines les plus subversives ;
malgré les affirmations de ce journal, il faut croire que la rédaction en est
confiée, non à des lycéens, mais à des écrivains sans conscience, habitués à
spéculer sur les plus mauvaises passions. Quoi qu'il en soit, il est difficile de se
défendre d'un sentiment de honte et de tristesse, en lisant les appréciations des
publicistes étrangers sur l'état moral de notre pays, qu'ils jugent sévèrement
sur les productions naturalistes de notre littérature. L'impossibilité de préserver
la jeunesse de ces funestes publications crée donc à l'éducation des difficultés
nouvelles sur lesquelles il convient d'attirer l'attention.
    M. Gargan communique la suite de Quelques feuillets détachés d'un journal
de voyage. 31 s'agit de Milan avec son théâtre et la Scala ; de Venise, à l'aspect
morne et triste avec ses places étroites, ses canaux tortueux et ses rues si-
lencieuses. L'auteur raconte ses impressions à l'église Saint-Marc, dont les mo-
saïques singulières étonnent l'étranger. Il nous fait visiter le palais ducal tout
 rempli des souvenirs du terrible conseil des Dix, qui sont encore en effigie dans
la salle de leurs délibérations ; tout à côté sont les prisons sur lesquelles s'ap-
puyait leur tyrannie et en haut les plombs que le gouvernement autrichien a
 dû abandonner après Silvio Pellico. M. Gargan termine sa lecture,en comparant
 les boutiques mesquines et obscures où s'établissait le commerçant des siècles
 passés avec les somptueux magasins où le luxe de nos jours étale ses richesses
 souvent plus apparentes que réelles. Ce parallèle donne lieu à quelques consi-
 dérations sur les changements que les progrès de l'état social ont apportés
 successivement dans les mœurs et dans les habitudes.
    La séance se termine par la lecture d'une pièce de vers de M. Dru, intitulée :
 la Légende de saint Bènézet.
    M. le Président félicite M. Dru et le remercie de l'envoi qu'il a fait de son
  compte rendu du banquet aux membres qui ont pris part à cette réunion.