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              LA STATUE D'AMPÈRE

// semble que tes bras, dans l'ombre, ô statuaire,
Arrachant un fantôme aux plis de son suaire,
Le rappellent au monde, au mépris de son sort,
Et que ton art sublime, en domptant la matière,
A ceux qu'il ressuscite ouvre une autre carrière
     Hors des atteintes de la mort.


Quand, les voiles tombés de ton œuvre savante,
Il surgit, à la fin, une image vivante
Où respire ton âme aux rayons du grand jour ;
Quand son regard profond suit ton Å“il qui l'embrasse
Et que vous vous parlez tous les deux, face à face,
      Que te répond-elle à son tour ?


Ce célèbre penseur né de ta patience,
Avec un front qui penche au poids de sa science,
Lui qui portant jadis devant tous un flambeau,
De l'électricité sut deviner la foudre,
A-t-il pu seulement, en secouant la poudre,
      Se réveiller de son tombeau ?


Te dit-il que la gloire, en couronnant la tête
Du héros qu'elle place, aux clameurs d'une fête,
Sous l'auréole d'or de l'immortalité,
L'enivre aux flots d'encens dont il reçoit Thommage,
Et que dans son orgueil, il se voit, d'âge en âge,
      L'égal de la divinité ?


Te dit-il que le cœur accuse une faiblesse
S'il met encor sa foi dont la raison se blesse