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78              HISTOIRE DE LA STATUE D'AMPÈRE

«    égaler: le père, sans lui ressembler et sans le suivre. Le
«    père fut le plus puissant et le plus populaire mathéma-
«    ticien du siècle, et vous lui avez fait justice en mettant
«    son éloge au concours et en demandant sa statue... »
   Quelques mois plus tard, M. Vaïsse mourait, et M. Henri
Chevreau lui succédait à la tête de l'administration. Le
nouvel administrateur aimait les lettres et avait le goût des
arts; il suffit de lui rappeler la demande de l'Académie, pour
que la question fut étudiée sérieusement. Mais, en oe moment
encore, on se heurta aux difficultés budgétaires, comme
nous l'apprend la lettre suivante adressée par M. le Sénateur-
préfet, au Président de l'Académie, le 5 avril 1866 :



          MONSIEUR LE PRÉSIDENT,



   Vous m'avez fait l'honneur de m'adresser, au nom de l'Académie
impériale de Lyon, un rapport tendant à obtenir l'exécution aux frais
de la ville, d'une statue d'Ampère, qui serait placée sous le péristyle des
nouveaux bâtiments des Facultés.
   Cette demande, qui remonte à une époque déjà éloignée, n'avait
pas été perdue de vue, mais j'attendais pour y répondre que la situation
du budget municipal fût nettement établie en regard des prévisions de
l'exercice courant.
   Aujourd'hui que ce travail est terminé, j'ai le regret de vous
informer qu'il ne serait pas possible d'imposer à nos finances la dépense
dont il s'agit, si pleinement justifiée qu'elle puisse paraître, au point de
vue surtout de l'amour-propre lyonnais.
   Mais précisément à ce point de vue, ne serait-il pas préférable de
devoir l'exécution de la statue d'Ampère à une souscription publique
plutôt qu'à un vote du Conseil municipal? Ce moyen, vous le savez,
réussit toujours à Lyon, où le sentiment des gloires du sol a toute la
vivacité d'une affection de famille.