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                       LE PÈRE GRASSET                       47

prieur. L'abbé déclara, dans sa réponse, que les deux
colonnes de la vie solitaire étaient les Chartreux et les
Célestins. Il repartit, le 7, pour Avignon. Le P. Grasset
rapporte qu'il causa souvent avec cet abbé général, et en
fait Téloge. Il donne, à la suite, le texte en latin en trois
grandes pages de YActus protestationis nullttatutn contra
R. P. Dominum Celestinum Jellera gêneraient lotius Ordinis
Celestinorum denunciatus.
    Le P. Grasset émet parfois des opinions et des jugements
 qui pourraient étonner ceux qui ne savent pas quelle indé-
 pendance d'idées s'alliait souvent chez les religieux de
 l'ancien temps à une foi ardente et à une stricte obser-
 vation des règles de leur ordre. C'est ainsi que, sur la
grosse querelle de Philippe le Bel avec Boniface VIII, il
 n'hésite pas à donner raison au roi. Il est vrai que pour lui
Boniface VIII n'est qu'un intrus, un usurpateur qu'il accuse
même d'avoir cruellemment fait mourir son prédécesseur,
Célestin V, « notre saint Père et Législateur. » Il ne faut
pas oublier non plus que c'est Philippe le Bel, qui introduisit
les Célestins en France en 1300 ; leur premier établis-
sement fut à Chameau, dans la forêt d'Orléans.
    A l'occasion de l'élection du pape Clément VI en 1342,
le P. Grasset regrette hautement qu'il n'y ait eu depuis
Clément V que des papes français. « Il sembloit, dit-il, que
l'Eglise universelle fut bornée par les limites de la monar-
chie françoise et qu'elle seule deut recevoir toutes béné-
dictions de l'Eglise, et les autres Etats, les foudres et
anathèmes. »
    Ailleurs, il laisse voir ses sympathies pour le fameux
évêque de Valence, Jean de Montluc, dont l'attitude, au
début de la Réforme, a donné lieu à tant de critiques. Lors
de l'assemblée de Fontainebleau, Jean de Montluc « haran-