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                     DANS LE LYONNAIS                       29

sièges qui suivirent. En vain, son père, le maréchal, avait
intercédé pour lui. Espérant faire fléchir, par un acte géné-
reux, la rigueur dont il était l'objet, le marquis de Villeroy
avait quitté Lyon furtivement et rejoint l'armée de l'élec-
teur de Cologne, avec le désir de servir le roi au moins
dans l'armée de ses alliés.
   Mme de Sévigné écrivait à sa fille le 6 juin : « Vous savez
« bien que le marquis de Villeroy a quitté Lyon et Mme de
« Coulanges, pour s'en aller, comme le chevalier des armes
« noires, dans l'armée de l'électeur de Cologne, voulant
« servir le roi au moins dans l'armée de ses alliés. Il y a
« plusieurs avis pour savoir s'il a bien ou mal fait. Le roi
« n'aime pas qu'on lui désobéisse; peut-être aussi qu'il
« aimera cette ardeur martiale : le succès fera voir ce que
« l'on en doit juger. » Mais l'aventure ne tourna pas à la
gloire du marquis. Une lettre du 24 juin nous apprend que
le roi qui, avant tout, voulait être obéi, lui ordonna de
retourner à Lyon. Il fallait qu'il eût un grave sujet de mé-
contentement pour infliger un ordre si pénible en un pareil
moment à un gentilhomme, compagnon de son enfance,
l'un de ses courtisans les plus en faveur et qu'il connaissait
pour être aussi brave qu'ambitieux.
   Le motif de la sévérité royale demeura secret, mais pas
assez cependant pour que la curiosité de Mme de Coulanges
ne réussît à en percer le mystère, qu'elle dévoile à mots
couverts dans une lettre à sa cousine de Sévigné. Le mar-
quis de Villeroy très lancé dans les aventures galantes, avait
eu le tort de tenir des propos indiscrets chez la comtesse de
Soissons sur le compte d'un personnage haut placé de la
famille du ministre Louvois, ou peut-être sur le compte du
ministre lui-même. La parenté de Mme de Coulanges et du
ministre explique pourquoi elle était si bien au courant.