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510 CHRONIQUE LOCALE.
dHomère et de la poésie grecquejusqu'à Périclès ; le vendredi, il com-
mente les auteurs grecs et latins du programme de la licence ès-lettres ;
M. Soupe étudie, le lundi, la société du XVIIe siècle dans les comédies
de Molière, et fait, le mercredi, l'histoire des lettres en France sous
Henri IV; M. Heinrich fait, le vendredi, l'histoire de la littérature
italienne au XVIe siècle, et analyse les poèmes de l'Arioste et du
Tasse; le mardi, il expose la grammaire comparée des langues néo-
latines en insistant principalement sur les origines de la langue fran-
çaise.
—Dans le monde des arts, la vie ardente rie se fait pas moins sentir.
L'ouverture du Salon aura lieu le 5 janvier prochain, et les confidences
font pressentir une exposition en progrès sur les années précédentes.
Même en dehors du Salon , pinceaux et ciseaux travaillent. La cha-
pelle du pensionnat des Chartreux vient de s'enrichir d'une bonne
toile de Sublet, pendant bien choisi aux Martyrs lyonnais qui ornait
déjà ce remarquable monument. Une autre chapelle, celle de Mongré,
a demandé à M. Fabisch le tympan de sa porte principale, ainsi que
deux statues inaugurées ces jours derniers.
Quant à la musique, ce n'est pas à elle qu'on peut reprocher la dé-
cadence. MM. Vanhaute, Nauwelaers, Aimé Gros, Diemer, Luigini, nous
font prévoir une saison richement orchestrée, et c'est avec une satis-
faction profonde que nous avons appris que l'œuvre du regrettable
M. Pontet lui survivrait. C'est M. Guichard qui continuera la tradition
du maître et qui dirigera la Société philharmonique au succès de la-
quelle il s'était depuis longtemps dévoué.
— Joconde est applaudi cbaudeme'nt au Grand-Théâtre impérial ;_ on
attend avec fièvre la Famille Benoiton ; les places font prime. Les élé-
gantes veulent voir cette satire violente contre le luxe pour ajouter
quelque chose à leur toilette.
— Aux environs, même ardeur, sinon mêmes combats. Villefranche
reprend la publication de son Histoire, Trévoux voit sortir de nom-
breux et bons ouvrages de sa modeste imprimerie, Bourg est plus que
jamais un foyer de travailleurs sérieux, Belley va publier une volu-
mineuse histoire de Pierre-Châtel, et on annonce l'apparition pro-
chaine d'un Album photographique du Forez, auquel M. le duc de
Persigny s'intéresse particulièrement. Cette œuvre comprendra l'ar-
chéologie civile, religieuse et militaire de la province. L'Album se
composera de cent vues prises sur nature par M. Chéri, l'habile pho-
tographe stéphanois ; le lexte sera imprimé, dans le format grand in-4,
chez M. Louis Perrin. qui en fera un des chefs-d'œuvre auxquels cette
maison nous a habitué. Nulle part dans notre province le feu sacre ne
s'éteint .ni ne languit
— La Société archéologique la Diana, de Montbrison, vient de
recevoir de S. M l'Empereur une très-belle statue en bronze de Diane
chasseresse, destinée à orner l'antique et célèbre salle où se réunit
la savante Société.
— Un négociant de Lyon, propriétaire des belles ruines du château
de la Cueille, sur les bords de la rivière d'Ain, a voulu sauver de
l'oubli les souvenirs qui se rattachent à ce manoir, et il a, sans
compter, déblayé les décombres, rétabli les vieux remparts, consolide
les pans de murs et mis pour longtemps l'illustre demeure féodale a
l'abri des injures du temps. On ne saurait faire un plus noble usage de
sa fortune que de la consacrer au culte du passé.
— Dans la charmante Nouvelle de notre collaborateur Pctit-Senn,