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444 ÉLOGE DE VICTOR VIBERT.
à l'homme de bien, a l'ami dévoué. Ses restes furent déposés
dans un caveau d'attente, sa famille devant les conduire a
Paris, sa ville natale. M. Fraisse, secrétaire de l'Académie,
prit la parole au nom de cette Compagnie savante dont il fut
le digne interprète. Nous-même, au nom de l'école des
Beaux-Arts, nous essayâmes de rappeler les talents et les
vertus du professeur qui lui était si cruellement enlevé.
•M. Textor, de la classe de gravure, vint ensuite, pour ses
condisciples, exprimer la douleur que les élèves ressentaient
de la perte d'un maître si chéri dont les préceptes et l'exem-
ple leur avaient été également précieux. Les larmes qui cou-
laient de tous les yeux rendirent bien touchante cette triste
cérémonie dont l'école des Beaux-Arts conservera religieu-
i sèment le souvenir
Peu d'hommes ont été aussi généralement regrettés que
Vibert, et pourtant il fallait avoir vécu dans son intimité
pour savoir tout ce qu'il valait. Son dévouaient pour ses
amis et ses élèves passait les bornes du possible. Vibert au
milieu de sa classe était un père parmi ses enfants. Aussi,
jamais professe ur ne fut plus chéri et par conséquent mieux
écouté. Soigneux a leur procurer des travaux qu'il dirigeait
.avec le plus grand intérêt, il les aidait de tout son pouvoir.
Cette sollicitude ne se concentrait pas seulement sur les
jeunes gens qui étaient encore dans l'école sous sa direc-
tion, mais elle s'étendait a ceux qui, lancés dans le monde,
et réduits a leurs propres forces, avaient encore besoin de
son bienveillant appui. 11 mettait dans ses conseils une cons-
cience admirable, ne réservant pour lui aucune de ces res-
sources que l'expérience et la pratique révèlent aux artistes,
mais il leur communiquait avec une générosité sans égale
tous les trésors de son érudition artistique. Son enseigne-
ment était si bien dirigé, que nous avons vu souvent, dans
sa classe, des élèves entrer a l'ouverture de l'école, au mois