page suivante »
106 QUERELLE DES ANCIENS
J'arrive à Ptolémée de Peluse (IIe siècle, ap. J. C), qui
fut, sinon celui qui mérita le mieux de l'astronomie, du
moins, celui qui est le plus connu du vulgaire ; son système
du monde, qui place la terre immobile au centre des astres
et en fait la base de l'univers, est sans contredit celui qui
a eu le plus de vogue et de dure'e ; car il a été exclusivement
adopté par les physiciens et les philosophes, jusqu'au mo-
ment où Copernic proposa son nouveau système solaire, qui
fut adopté par Galilée, et dont, Kepler par ses calculs ?. fixé
les lois, ce qui avait fait dire qu'il avait créé le Code des
deux. — Mais, messieurs, qu'il me soit permis de le faire
remarquer, ce système qui fait l'orgueil de l'astronomie mo-
derne, n'est point son œuvre exclusive ; les anciens l'avaient
déjà pressenti : Cléomède, dès le 1er siècle, plaçait le soleil
au centre du monde; avant lui, Artstarque de Samos, anté-
rieur a Archimède, avait enseigné que la terre décrit chaque
année un cercle autour du soleil; Philolaus de Crotone
connaissait, avant Aristarque, ce mouvement circulaire du
globe terrestre, de même que Pythagore, disciple de Thaïes
précession des Equinooces ; Ilipparque à qui l'honneur en revient, signala
toutes les conséquences de ce mouvement avec une parfaite neltcté. Dans
le nombre de ces conséquences, deux ont eu plus particulièrement le privi-
' lége d'nt'irer l'attention publique.
A cause de la précession des Equinoxes, ce ne sont pas toujours les
mêmes groupes étoiles , les mêmes constellations qu'on aperçoit au firma-
ment pendant les nuits de chaque saison. Dans la suite des siècles, les cons-
tellations actuelles d'hiver deviendront des constellations d'été, et récipro-
qucwctït.
A cause de la précession des Equinoxes, le pôle n'occupe pas constam-
ment la même place dans la sphère étoiléc. L'astre assez brillant qu'on
nomme aujourd'hui très-justement la polaire, était fort éloigné du pôle au
temps d'Hipparque; il s'en trouvera de nouveau éloigné dans quelques siècles.
La dénominalion de polaire a été et sera donnée successivement à des étoiles
très-éloignécs les unes des autres » (Arago, Annuaire du bureau des longi-
tudes pour 18\4).