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PÉLOPONÈSE. 257
mystérieusement en troupes derrière les rochers , en attendant
le moment favorable pour venir à leur secours, Ypsilanti, le
chef de ces deux cents héros, était d'une constitution frêle et dé-
licate et semblait incapable de surmonter les fatigues d'une
seule journée de combat ; mais la force de son âme soutenait la
faiblesse de son corps et le rendait aussi fort que ses plus ro-
bustes compagnons. Les Turcs firent plusieurs tentatives plei-
nes d'hésitation et furent aisément repoussés malgré leur nom-
bre ; ils envoyèrent alors à Ypsilanti des parlementaires qui n'ob-
tinrent que d'alarmantes réponses. Mohammed se décida enfln Ã
donner une attaque mieux combinée , car déjà des corps de
troupe grecs sortaient derrière lui des montagnes et le harce-
laient d'une façon inquiétante. Grâce à la position avantageuse
des assiégés et à leur prodigieuse valeur, les Turcs furent de
nouveau repoussés après avoir fait de nombreuses perles. Alors
Dramali, intimidé et désespérant de s'emparer de ce formidable
rocher, leva le siège et résolut d'aller à Corinthe pour y attendre
l'arrivée de Kourchid. Mais un désastre complet lui était réservé
dans les défdés qui séparent la Corinthie de l'Argolide. Dix-huit
cents Grecs , conduits par Nikitas, épiaient son passage sur les
hauteurs voisines ; à son approche, ils se couchèrent à plat ven-
tre parmi les broussailles ou se cachèrent derrière les troncs
d'arbres et les rochers et le laissèrent s'engager dans l'étroit es-
pace de ces défilés. Se dressant ensuite tout à coup comme une
apparition surnaturelle, ils se jetèrent sur les Turcs en poussant
de grands cris et en faisant rouler du haut de la montagne d'é-
normes blocs de granit. Les Turcs, surpris et ne cachant, au
premier moment, à quels merveilleux ennemis ils avaient à faire,
furent saisis d'une terreur panique ; la tête de l'armée eut le
temps de gagner l'Acro-Corinthe, où Dramali parvint avec ses
riches vêtements en lambeaux et le corps criblé de blessures.
Il y mourut quelques semaines après. L'arrière-garde rebroussa
chemin, et, traversant ventre à terre la plaine d'Àrgos, se réfu-
gia sous le canon de Nauplie. Plus de trois mille hommes,
formant le pnncipal corps d'armée , restèrent sur le champ
de babaille. Nikitas fut surnommé le Turcophage, à cause du
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