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ÉLOGE DE LOUIS-GABRIEL SUCHET. 119 Jules César y remporta sur les lieutenants de Pompée. Elle fut longtemps la résidence des rois d'Aragon ; elle conserve encore quelques restes de sa splendeur antique. Celle ville qui fut l'écueil de plusieurs grands capilaines de leur siècle, entre autres du grand Condé , et que les fiers Espagnols regardaient comme imprenable, est attaquée et em- portée d'asssaul, après la brillante victoire de Margalef où notre héros triompha du général ODonnel, sous les murs de la place. Le 8 juin suivant, Méquinenza est forcée de capituler. Tortose résiste au vainqueur; elle n'ouvre ses portes qu'a- près treize jours de tranchée. Celle ville, l'une des plus im- portantes de la Tarraconnaise, située enlre deux chaînes de montagnes au bord de l'Ebre, est défendue tout à la fois par la nature et par l'art. Elle rappelle un fait mémorable : enle- vée aux Maures en 1149 , ceux-ci rassemblèrent des for- ces considérables pour la reprendre ; épuisée par une longue résistance, elle allait succomber faute de bras pour la défen- dre, lorsque par une singularité dont il n'est point d'exemple, les femmes prirent les armes et repoussèrent les Musulmans. Jusque dans ces derniers temps, une cérémonie dans laquelle les descendantes de ces fières Amazones des bords de l'Ebre, avaient le pas sur les hommes, consacra le souvenir de ce glorieux événement. Toutes ces villes , sans en excepter Ségorbe , ne parurent résister à Suchel que pour ajouter à ses victoires. Il s'empara du fort San-Félipe au eol deBalaguer, en jan- vier 1811. Cette année fut marquée par le siège deïarragone. Suchel venait d'être informé de la surprise de Figuières, et invité à fournir un détachement pojur essayer d'y rentrer. Au lieu de se rendre à ce conseil, il marcha droit sur Tarragone. En ap- prenant celte détermination hardie, Napoléon s'écria : voilÃ