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82                       DEUX CONDAMNÉS

ter sans le patriotisme de clocher, une des vertus des
populations auvergnates. Lorsque la nouvelle se répandit
par delà les montagnes du Forez que treize administrateurs
du pays, élus naguère par le suffrage de leurs concitoyens
se trouvaient à Lyon sous le glaive de la loi, un cri de pitié
s'échappa de toutes les poitrines et chacun s'efforça de
sauver les compatriotes menacés. Les municipalités envoyè-
rent aux détenus des certificats de civisme. Des délégués
vinrent à Lyon implorer les puissants du jour.
   François Rouillon, ci-devant juge de la Commission
de justice populaire, l'ami de Couthon, oublia tous ses
ressentiments de la veille lorsqu'il vit ses compatriotes
menacés de la guillotine et multiplia ses démarches
auprès des juges et des représentants eux-mêmes, restant
notamment vingt-quatre heures à la porte de Collot d'Her-
bois « pour lui demander clémence et justice favorable pour
les administrateurs infortunés du département du Puy-de-
Dôme. » (Rapport des missions remplies par Châteauneuf-
Randon (7).
   Le 16 frimaire (6 décembre 1793) douze (8) des signa-
taires de la lettre adressée le 22 juin aux magistrats lyon-
nais, comparurent devant la Commission révolutionnaire.


   (7) Dans le Département du Puy-de-Dôme et h Proconsulat de Couthon en
]
 79S; M- F r - Mège mentionnant ce changement d'attitude de Rouillon,
l'attribue « peut-être » à l'instigation de Couthon. Il est cependant de
tradition dans les descendants de Chauty que M m c Chauty ayant obtenu
une audience de Couthon, en reçut un billet pour l'accusateur public et
que ce billet qu'elle croyait une recommandation était un arrêt de mort.
La même tradition existe pour M™» Molin. (Marcelin Boudet. Les Exé-
cutés, p. 23.)
  (8) L'un d'eux Vimal, d'Ambert avait obtenu un sursis, à la demande
du corps municipal d'Ambert. Il fut mis en liberté par jugement du 7 ni-
vôse.