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                                   BIBLIOGRAPHIE                                       469
soignaient spécialement les malades atteints de la terrible maladie
connue sous le nom de feu Saint-Antoine (1).
   Plus tard, il acquit le château et la terre de Rivoire, dont il est qualifié
seigneur en 1537. Sébastien de Monteux fut fort estimé de ses contem-
porains. Symphorien Champier, son ami, le traite de savant dans la
pratique de la médecine. Deux de ses ouvrages sont parvenus jusqu'à
nous. Ils ont trait à une longue polémique avec Leonhard Fûchs, le
célèbre médecin et botaniste de Tubingue, et ne traitent guère que de
questions théoriques qui n'ont plus actuellement d'intérêt. Une épître
dédicatoire au cardinal de Tournon qui, lui-même, avait fait son édu-
cation au couvent de Saint-Antoine, fixe à cette époque les premières
relations de cette illustre famille avec les Monteux, qu'elle ne devait
cesser de protéger dans la suite.
   Lorsque Sébastien mourut postérieurement à 1537, son fils Jérôme
touchait à l'apogée de sa réputation. Elève de l'Université de Mont-
pellier, il y avait reçu le titre de docteur vers 1520, puis était venu
s'établir à Saint-Antoine auprès de son père. Peu après il entreprit un
voyage en Italie pour y compléter ses études, et revint de nouveau dans
son pays.
   En 1525 il se rend à Vienne pour soigner les pestiférés. A son tour
il est comblé d'éloges par Symphorien Champier, qui souvent le fait
appeler en consultation à Lyon, notamment auprès de ce même cardinal
de Tournon dont il était le médecin ordinaire. C'est assez dire combien
ie praticien dauphinois était apprécié de ses confrères. Plusieurs
ouvrages de médecine pratique, publiés dès cette époque, l'avaient fait
connaître au loin, et l'illustre Jacques Sylvius, alors l'arbitre de la
médecine en France, celui qui venait de ratifier par son suffrage les
premiers succès d'Ambroise Paré, n'hésitait pas à qualifier Monteux des
épithètes flatteuses de « toujours sage et de premier médecin. »
   Après la mort de son père, Jérôme se décida à quitter momenta-
nément le Dauphiné pour aller exercer la médecine à Lyon. Comme il
s'était, durant sa pratique rurale, particulièrement occupé des accou-
chements, il fut mandé auprès de Claudine de Turenne, baronne de

  (1) On admet généralement aujourd'hui que le feu Saint-Antoine n'était autre chose que
l'empoisonnement chronique par le seigle ergoté, dont l'action toxique n'était pas connue, et
qui souvent se trouvait eu assez forte proportion dans les farines. Voir les travaux de l'abbé
Teissier, de Jussieu, Paulet et Saillant dans les Mémoires de la Société royale de Médecine
de Paris pour les années 1776 et 1777.

         K° C. — Juin 1SS9.                                                       ^A