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392 CHAZAY-D'AZEÏ'GL'ES KX LYONNAIS
les conseillers des Orselli, était croyons-nous, celui qui devint
abbé. Il était à peine en charge, qu'il eut à soutenir une
lutte aussi longue que désastreuse avec le viguier de Lissieu.
Le seigneur de Lissieu était un des plus puissants voisins
du seigneur de Chazay; sa juridiction féodale s'étendait sur
Lissieu, sur une partie notable des Chères, de Marcilly, de
Civrieux et de Dommartin. De sorte que se trouvant en
contact sur de nombreux points avec les possessions de
l'abbaye, il cherchait parfois à étendre sa puissance et ses
domaines au détriment du couvent d'Ainay, ce qui amena
maintes fois des conflits armés.
Nous avons vu qu'à Civrieux, l'an n o o , le jeune Arric,
en mourant, avait donné au prieuré de Chazay sa terre
de Fromental. Ce fief, assez considérable, touchait aux
domaines de Gaucerand Le Roux, seigneur de Lissieu, qui
en revendique la possession comme relevant de sa seigneu-
rie. L'abbé soutient ses droits les armes à la main, et les
hommes d'armes des deux parties se livrent de sanglants
combats. De là, de grands dommages ; ce sont des champs
ravagés, des maisons incendiées, des hommes enlevés,
blessés, mis à mort, et cela pendant plusieurs mois.
Enfin, vers 113 5, après de longs pourparlers, un accord
intervint entre les deux seigneurs ennemis. Gaucerand le
Roux, et Hugues, abbé d'Ainay, déposèrent des gages ou
otages entre les mains de l'archiprêtre Constantin, jusqu'à
ce qu'on eût élucidé la question. Le seigneur abbé produisit
alors quatre témoins, qui vinrent assurer par serment que
la moitié de la terre susnommée était de la directe de l'abbé,
et que l'autre moitié était possédée en fief par le seigneur
de Lissieu comme relevant du prieuré de Chazay (8).
(8) Petit Cari., de Bern., chart. 199.