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122 '        LES VOYAGES DE MADAME DE SÉVIGNÊ

venir de Mme de Chantai, sa grand'mère, et leur fondatrice,
chaque fois qu'elle traversait une ville possédant un cou-
vent de l'ordre. Les religieuses de Sainte-Marie de la
Visitation avaient à Lyon trois maisons. Celle du quartier
de Bellecour, le premier monastère de la Visitation fondé
en France en lil^      qui couvrait tout l'espace situé entre
les rues Sala et Sainte-Hélène, depuis la rue Saint-Joseph
à l'est, jusqu'au mur de clôture (6) à l'ouest, qui dernière-
ment encore séparait le couvent des religieuses de Sainte-
Claire de l'ancienne maison des Jésuites; le couvent de
l'Antiquaille et enfin le couvent de Sainte-Marie des
Chaînes, situé sur le quai de Serin, au point où la Saône
était barrée la nuit à l'entrée de la ville. Ce fut sans doute
le monastère de Bellecour où mourut saint François de
Salles, le 16 décembre 1622, et où l'on conservait son
cœur, que Mme de Sévigné visita lors de son second passage
à Lyon. En effet, dans sa lettre du 11 octobre, écrite le
jour de son départ, à la première étape, elle dit avoir vu à
Lyon des tableaux admirables. Or, il y avait dans l'église
de la Visitation de Bellecour de belles peintures, notamment
au-dessus du maître-autel, un tableau représentant l'histoire
de la Visitation de Notre-Dame, par Charles Lagon, peintre
angevin, comme nous l'apprend Debombourg, dans ses
recherches sur les tableaux des églises de Lyon en i6yj.
   Dans cette même lettre, Mme de Sévigné blâme son
gendre de n'avoir pas accepté une peinture qu'elle a vue
chez l'archevêque de Vienne, Henri de Villars, que celui-
ci voulut donner à M. de Grignan. « C'est le plus joli
« tableau, dit-elle, et le plus décevant qu'on puisse voir, » à
cause, paraît-il, d'un effet de perspective très bien rendu.

  (6) A. Steyert. Echo de Fourvière, 2 février 1889.