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                    NOTRE-DAME-DE-LYON                     211

pour effectuer ces travaux, parce que ces cippes étaient
des monuments du paganisme, parce que c'étaient des
masses capables de résister par leur forme et leur poids
à l'action du fleuve impétueux, parce qu'enfin ils abon-
daient à Lyon à un tel point qu'on les voit entrer pour
une bonne part dans la construction des ponts, des forti-
fications et des édifices, soit publics, soit particuliers. Au
xve siècle, dans les comptes de la ville que j'analyse en
ce moment, ces cippes et les blocs antiques que le vulgaire
leur assimilait sont ordinairement appelés les gros choins
ou les pierres marquées au signe de la potence, « ad
signum potencie », à cause de Yascîa gravée en creux
ou en relief que portent la plupart.
   Cet amoncellement de blocs et de pilotis protégea effi-
cacement pendant près de deux siècles les propriétés des
religieux; mais le fleuve, contrarié en son cours par
l'édification sur la rive droite des premières piles du
pont de la GuUlotière, dont quelques-unes avaient jus-
qu'à 10 et 12 mètres d'épaisseur, et constamment
repoussé par une digue puissante, s'étendit sur la rive
gauche assez avant pour atteindre et entraîner la motte
et le chàteau-fort de Béchevelin que l'archevêque Jean
de Bellesme avait construit vers 1185, et donner lieu de
craindre, à diverses reprises, à un changement de son
lit. Aux xve et xvie siècles des travaux d'art considéra-
bles, que les anciens comptes appellent pessières, puis des
digues submersibles obliques, dont l'écueil décrit sous
le n° 2 par M. Gobin est un spécimen, furent entrepris
pour le ramener et le maintenir sous les murs de la ville.
 Les iles des moines d'Ainay, attaquées dès lors de flanc
 par le courant, furent corrodées peu à peu et se fondi-
 rent enfin, ne laissant d'autres traces que les pilotis et
 les enrochements que les eaux n'ont pas eu la puissance
 de charrier.




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