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212                     NOTRE-DAME-DE-I.YON
    En m'efforçant de démontrer que rien absolument
 ne prouve qu'un pont ait été bâti sur le Rhône, à Lyon, à
 l'époque de la domination romaine, je n'ai pas eu l'in-
 tention de soutenir, ce qui serait inexact, qu'à cette
 époque, aucun moyen de communication ne reliait les
 deux rives, mais seulement que ce moyen ne consistait
pas en un viaduc permanent. Cette opinion peut se forti-
fier, se corroborer par" cet argument : Suivant Stra-
bon (1) et l'Itinéraire d'Antonin, Lyon communiquait
 avec Vienne par deux routes, dont l'une était plus lon-
gue que l'autre. La route la plus longue est évidemment
celle qu'indique la carte de Peutinger sur la rive droite
du fleuve et qui était reliée à Vienne par un pont ; quant
à la route la plus courte elle devait être forcément sur
la rive gauche. L'existence, du reste, de cette dernière
est prouvée d'abord par la colonne milliaire de Solaise (2)
et ensuite par un acte daté du mois de mai 1240, acte en
vertu duquel Hugues Racoul, chevalier, céda au Chapitre
de Saint-Paul « Quiequid habebat et habere poterat et
tenebat per se vel per alium apud Sanctum Prejectum
et in toto Velleno ultra caminum qui tendit Romam
ex parte aquilonis (3). » Or l'Itinéraire d'Antonin, après
avoir indiqué la grande voie, indique cette dernière sous
le titre de compendium (4), ce qui implique non-seule-
ment l'idée d'un chemin abrégé, mais encore l'idée d'un
chemin secondaire par son importance et suggère cette
réflexion : Pourquoi la voie plus courte de 7 ou 8 milles



 (1)   Liv. IV, chap. VJ.
 (2)   V. A. Bernard, Description du pays des Segusizves^p. 159.
 (3)   Archives départementales du Rhône, fonds de Saint-Paul.
 (4)   V. D. Bouquet, t. I, p. 105.