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ait pitié de celui qui, depuis un an et demi, n'a rien reçu du ministère. Mais
à la direction des Beaux-Arts, on est de mauvaise humeur ; on déclare que
Vietty « a abusé des bontés du ministre ».
      Hélas! Vietty doit continuer à faire le métier de solliciteur. En déses-
poir de cause, il s'adresse au ministre de la guerre, Sebastiani (s. d., 1839).
      « Le voyageur que vous avez eu la bonté de protéger en Grèce a
recours en France à votre protection. Mes constants efforts pour faire de la
commission scientifique de Morée une œuvre nationale, un pendant de
celle de la commission d'Egypte, ont toujours été arrêtés. Vous savez,
Monsieur le Ministre, que votre intervention à cet égard, si généreusement
octroyée de votre quartier général à Modon, ne fut pas accueillie du minis-
tre de l'intérieur. Depuis, l'Institut, après l'examen de mes travaux, m'ayant
fait attribuer l'ouvrage archéologique sur le Péloponèse, je fus encore réduit
à la demi-solde, réduit à moi seul, borné en temps et en finances, quoique
par mon sujet, mes voyages, mes études, j'eusse beaucoup plus à dire
qu'aucun de mes collègues. L'introduction est depuis sept mois au minis-
tère de l'intérieur ».
      En 1840, on lui alloue 3.000 francs pour rédiger son travail, mais, en
attendant, il a fallu vivre ; il a des dettes, et, dans une lettre au ministre,
Blot peint sa triste situation : « aujourd'hui, il est à l'aumône. Sur mes ins-
tances, il a renoncé à ses introductions sur les mythes religieux pour se
consacrer à l'itinéraire archéologique tel que l'Institut le réclame, mais il ne
peut le mettre au net ; il n'a pas de livres à sa disposition ; enfin, ses malles
sont engagées » (28 juillet).

      C'est dans cette détresse qu'il meurt à Tarare, le 30 janvier 1842 : « Il
vivait chez une parente qui le nourrissait pour un modique salaire ; il refu-
sait les offres des personnes les plus éminentes du pays. Esprit inquiet et
soupçonneux, il se sentait surtout malheureux de ne pouvoir venir au
secours d'une vieille mère infirme—morte en 1837 —, sa parente travaillait
pour lui procurer du pain. Il laisse à Lyon, à Villefranche, à Tarare, 6 à
7.000 francs de dettes. La commission avait demandé le renvoi en Grèce
de Vietty qu'elle considérait comme l'homme le plus capable pour ce genre
de recherches ».